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vendredi 6 octobre 2017

Blade Runner : une dystopie qui pose un questionnement fondamental



Non vous ne rêvez pas, le sujet de cet article est bien Blade Runner, ce classique de la science-fiction réalisé par Ridley Scott avec Harrison Ford, adapté de la nouvelle « Les androïdes rêvent-il de moutons électriques ? » de Philip K. Dick.

Si tu es un fan inconditionnel de science-fiction tu as certainement déjà vu ce film ! *Euh Alex, je te signale que tu es un fan inconditionnel de science-fiction et que tu as vu ce film il y a tout juste quelques jours...* Si ce n’est pas le cas, je vous invite quand même à poursuivre votre lecture … Sinon personne ne va me lire #solitude…

Il ne s’agira pas de critiquer tant le film en lui-même mais plutôt d’analyser les questionnements qui en ressortent. Blade Runner est incontestablement devenu un chef d’œuvre dans le genre et il serait plutôt incongru de lui trouver des défauts tant la réflexion apportée est forte. Il convient donc de faire un résumé rapide, suivi d’une critique globale avant d’attaquer la théorie qui subsiste sur le protagoniste principal.

Concrètement, Blade Runner c’est quoi ?


C’est un film de science-fiction (*sans blague ?*) réalisé par Ridley Scott (à qui l’on doit Aliens) sorti en 1982. Le métrage est situé à Los Angeles en 2019 et met en scène le personnage de Rick Deckard, incarné par Harrison Ford, un ancien « Blade Runner » qui se voit contraint de reprendre du service pour traquer un groupe de Réplicants, des androïdes crées à l’image de l’Homme, mené par un personnage énigmatique : Roy Batty.

Un « Blade Runner » est le nom que l’on donne à cette branche particulière de la police chargée de traquer et de tuer les Réplicants. Si Deckard est forcé de sortir de sa retraite c’est parce qu’il s’agit du meilleur « Blade Runner » et qu’il est le seul à pouvoir traquer les 4 Réplicants illégalement arrivés sur Terre. D’ailleurs, ces derniers ressemblent davantage à des clones plutôt qu’à des « robots ».  La particularité d’un Réplicant c’est qu’il ne possède pas la faculté d’empathie propre à l’être humain. Il possède en revanche des souvenirs artificiels génériques ou bien issus de personnes réels ; ce qui lui donne l’illusion d’existence. Les « Blade Runner » ont un outil leur permettant de déceler ce manque d’empathie : le test Void-Khamph.


Les différentes versions du film


À ce jour, il existe plusieurs versions différentes du film. La version initiale de 82 est un échec commercial aux Etats-Unis. Ce n’est qu’avec la sortie du « director’s cut » (approuvée par Ridley Scott lui-même) en 1992 que la réputation du film s’améliore. C’est cette version là que j’ai visionné. J’en parlerai en détail plus bas, mais c’est notamment cette version qui instaure le doute sur la véritable identité de Deckard, renforçant davantage la thématique principale du film : le questionnement sur notre humanité. Et enfin, une dernière version a vu le jour en 2007 qui ne change pas beaucoup du « director’s cut » (d’après ce que j’ai compris) mis à part les effets spéciaux qui sont retravaillés, à l’instar de Georges Lucas avec la trilogie originale Star Wars.

L’œuvre est-elle à la hauteur de sa réputation ?


Je serais tenté de dire oui, et je vais vous dire pourquoi. Blade Runner mêle science-fiction et film noir sous un fond d'enquête policière. Force est de constater que ce film est une réussite totale avec en prime, une fin dubitative. Je n’ai jamais vu une œuvre de science-fiction pareille. Ridley Scott a instauré un style à la fois épuré mais imposant accompagné par une direction artistique en totale adéquation avec une intrigue qui maintien le spectateur jusqu’à la fin. Le cinéaste a mis en place un univers avec ses propres codes de façon perceptibleL’esthétisme est d’une beauté sans équivoque ! La plupart des plans sont marquants. Ce monde futuriste, de par les diverses façons dont il nous est montré, ne nous donne pas vraiment envie d’y vivre. Un sentiment de malaise s’installe quand on voit ce que la société est (dans la logique du film) devenu. On retrouve un côté très sombre qui est omniprésent avec un coloris qui tire beaucoup vers le bleu. La particularité du long-métrage c’est qu’il faut adhérer au style proposé. Il ne s’agit pas d’un film de SF mainstream. Ici, si tu n’accroches pas tu risques de laisser tomber avant la fin. Personnellement, j’ai mis un certain temps avant d’entrer pleinement dans le film.

Une intrigue longue à se mettre en place



Alors peut-être que ce n’est que mon avis mais j’ai trouvé que le film met du temps avant de réellement démarrer. C’est sans doute pour cela que je ne suis pas immédiatement rentré dedans. La première heure m’a paru soporifique mais avec du recul, elle semble nécessaire au vu de la complexité du scénario. À mon sens, cette longueur est le seul défaut du film. Certes elle est primordiale mais le risque de perdre l’attention du spectateur est grand. Evidemment, on peut supposer que le public auquel le film s’adresse est ciblé. Comme je l’ai dit en employant le terme « mainstream », il n’est pas fait pour plaire à un plus grand nombre. Autant ceux qui ne sont pas spécialement fans de SF peuvent apprécier quelques fictions issues de ce genre ; autant pour ce film, il faut vraiment aimer ce genre-là. L’intention artistique du réalisateur se ressent lors du visionnage de l’œuvre. Il n’y a donc aucun fossé entre l’objectif du cinéaste et le produit final.

Je ne veux pas faire de généralité, mais un grand nombre de films actuels ont un objectif purement commercial. Pour être vendeur beaucoup de codes y sont rattachés, dont le surplus d’action. Du coup, si l’intrigue m’a paru longue cela peut s’expliquer du fait que je suis (trop) habitué aux films contemporains où l’histoire évolue à un rythme effréné. On nous a habitué à des codes cinématographiques précis que l’on a du mal à intégrer des codes qui ne nous sont pas familiers. Cependant si je replace le film dans son contexte d’origine, il est peut-être malvenu de dire que le film paraît long. Toutefois, cet aspect-là mérite d’être critiqué puisque je suis obligé, d’une certaine façon, de comparer avec « l’univers » cinématographique dans lequel j’ai grandi et évolué.

 Un scénario aussi beau que l’esthétisme du film


Le scénario brille par sa virtuosité et son habilité à concilier l’intrigue principal avec les questionnements qui l’accompagne. Bien sûr, l’histoire va de pair avec les thématiques traitées. Finalement, ce qui compte ce n’est pas tant l’enquête policière en elle-même mais tout ce qu’elle suggère derrière.  Ce qui est dommage par contre c'est qu'on connaît l'histoire avant même Rick Deckard. Du coup, ça retire tout l'intérêt de l'enquête car nous ne sommes pas surpris lorsqu'il découvre des éléments. Plus nous avançons dans l’histoire, plus celle-ci se complexifie. Le dernier acte semble très bizarre à première vue, mais le discours que tient le dernier androïde, Roy, avant sa mort est doué de sens.



C’est typiquement le genre de film où il ne se passe pas grand-chose à l’écran mais en fait si… C’est compliqué à expliquer mais disons que tout passe par des éléments subtils et discrets. Ne cherchez pas l’action ici : ce film est avant tout contemplatif.


L’univers établi dépasse l’œuvre




Si vous avez vu le film je pense que vous serez d’accord avec ça : le principal ressenti que l’on a après avoir vu Blade Runner c’est que l’univers établi par Ridley Scott est cohérent et dépasse l’œuvre en elle-même. Vous me suivez toujours ? C’est-à-dire que l'on a l’intime sensation que les décors ont une histoire et qu’ils ont quelque chose à transmettre, quelque chose à dire. Les décors jouent un rôle essentiel dans ce métrage.


Bien plus qu'un film culte, c'est devenu un modèle





Bon, il faut admettre que même si quelques effets spéciaux semblent "dépassés" le film a plutôt bien vieilli. Pour moi, il s'agit d'une science-fiction qui sait se démarquer grâce à son authenticité. En aucun cas on ne retrouve des éléments similaires dans d’autres films de science-fiction. L’univers mis en place ici est interne à cette œuvre de SF avec sa propre technologie. Là où Minority Report est impersonnel dans la vision esthétique de son univers, ici Ridley Scott livre sa propre vision faisant de ce film à la fois quelque chose de personnel et d’unique. Cette oeuvre a été une véritable source d'inspiration pour de nombreux créateurs. Pour donner un exemple, tout l'univers et l'atmosphère de Ghost in the Shell est largement inspiré de ce film-ci.
Il ne faut d’ailleurs pas oublier que Blade Runner est l’un des précurseurs des œuvres de SF au cinéma. Si aujourd’hui cela est courant de voir des voitures volantes ou des mégalopoles noires dans des films futuristes, c’est pourtant celui-ci qui a initié le phénomène. Visuellement, Blade Runner a marqué l’ensemble de la science-fiction.

Une thématique complexe et visionnaire


 La thématique principale du film est forte, réflexive et visionnaire. Non seulement Blade Runner est le précurseur dans le genre, mais il l’est aussi de par le thème fondamental. En effet, rappelez-vous que nous sommes en 82 et qu'il était rare à l’époque de retrouver ce genre de questionnement dans d’autres œuvres cinématographiques. Qu’est-ce qu’être humain ? Où sont les limites de notre humanité ? Comment différencier les humains des androïdes quand eux-mêmes ne connaissent pas leurs origines (comme Rachel) ? Voilà de quoi il est question ici. Pour ma part c’est le questionnement sur « qu’est-ce qui définit l’humain ? » qui m’a interpellé. Le fameux « je pense donc je suis » fait-il de nous un être humain ? La question mérite d’être posée. L’un des androïdes emploi cette citation de Descartes à un moment donné pour justifier le fait qu’ils ne doivent pas être considérés comme des machines à partir du moment où ils sont capables de penser et d’adopter des comportements humains. Ce film nous offre une vision délibérément pessimiste de l'avenir imprégné de la paranoïa et d'androïdes plus humains que les humains, plus parfaits mais persécutés.  
Aujourd’hui, nous ne sommes pas si loin de cette fiction avec les prouesses technologiques actuelles.

Un pilier dans la science-fiction  


 L’œuvre est-elle à la hauteur de sa réputation ? La réponse est oui. C’est un pilier dans la SF et je comprends tout à fait pourquoi. Bien qu’il subsiste certaines similitudes avec Minority Report (qui est également adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick), celui-ci marque par son unicité, son casting ainsi que par son scénario habilement écrit et retranscrit avec brio par le réalisateur. Certains éléments de cette dystopie vont vous paraître étrange voire même incompréhensible (c’est l’effet que ça m’a fait) et je pense que c’est voulu. Le film ne nous apporte pas les réponses que nous attendions… Du moins, pas explicitement. À la manière d’un Inception, cette œuvre cinématographique sème divers indices à différents moments du film et c’est à nous de reconstituer le puzzle. Plusieurs hypothèses sont alors possibles, dont une en particulier sur le protagoniste principal. À noter que le deuxième opus – Blade Runner 2049 – sorti tout récemment, apporte peut-être des réponses à nos interrogations.



En ce qui me concerne, cette œuvre fictionnelle est une réussite absolue : un univers suffisamment développé avec un esthétisme cohérent, une bande-originale envoûtante qui nous transporte dans ce monde futuriste et un Harrison Ford qui correspond tout au fait au rôle. Je tiens à souligner le risque pour cet acteur d’accepter ce rôle après le succès connu dans les rôles de Han Solo (Star Wars) et d’Indiana Jones (Les Aventuriers de l’Arche Perdu).

L’aspect réflexif du métrage est fondé. Aujourd’hui, ce genre de questionnement sur « qu’est-ce qu’être humain ? » nous paraît anodin au vu des nombreuses œuvres qui, récemment encore, ont traités ce thème. Néanmoins, Blade Runner reste l’un des premiers films à avoir abordé ce questionnement à une époque où la technologie n’était pas aussi avancée qu’aujourd’hui. En cela, Ridley Scott et – surtout – Philip K. Dick étaient visionnaires. À noter évidemment que là où Blade Runner brille, c’est par les réflexions qui sont apportées sur l’humanité. Elles sont justes et nous laissent envisager des conséquences irréversibles. D’autres films n'abordent pas ces thèmes avec autant de sérieux, la finalité étant simplement distractive. Blade Runner n’est pas un divertissement, soyez en sûr.

En somme, c'est une oeuvre visuellement somptueuse qui dépeint un univers sombre et apocalyptique peuplé de personnages complexes. Blade Runner allie avec élégance grand spectacle et émotion.


Note : 4/5 (eh oui, pour une fois je met la note à la fin histoire de maintenir le suspens !)


Rick Deckard est-il un Réplicant ?


La grande question que l’on se pose à la fin du film est celle de la nature de Deckard. Souvenez-vous, j’ai dit un peu plus haut que Rachel n’avait pas conscience qu’elle est en réalité une Réplicante. Si c’est le cas pour elle, se pourrait-il qu’il en soit de même pour Deckard ? Il convient que la question est légitime, d’autant plus qu’il n’est jamais dit que Deckard ait été soumis au test Void-Khamph.


En fin de compte, la question de l’existentialisme va au-delà des Réplicants mais s’étend sur Deckard lui-même lorsqu’il s’interroge sur sa propre identité. Et c’est là que réside toute l’intelligence du scénario : à aucun moment nous n’avons de réponse à cette question, seulement des indices qui tentent de nous guider, de nous faire suggérer.  

Dans la version de 92, celle à laquelle je m’intéresse ici, on apprend donc que l’image de la licorne est l’une des images artificielles générées pour les Réplicants. Et il se trouve qu’à un moment donné du film, Deckard rêve d’une licorne. Dès lors, le regard que l’on porte sur ce personnage commence à être bouleversé
Ce bouleversement est accentué davantage avec l’origami de Gaff (un « Blade Runner » à la retraite qui suit de très près l’enquête de Deckard). Ce retraité s’exprime de manière originale puisqu’il communique au moyen d’origami. À la fin lorsque Deckard s’enfuie avec Rachel, il trouve à son domicile un origami de licorne… Le cinéaste insiste bien (via des gros plans) sur les origami produit par Gaff à différent moment du film... 
Nul doute que celui en forme de licorne ait également été produit par lui. Mais comment Gaff saurait que Deckard rêve de licorne ? La réponse est évidente : Gaff sait que Deckard est un Réplicant et il sait que les Réplicants rêvent de licornes. Ce qui est prouvé par le rêve de Deckard !



Si cette théorie semble plausible il y a tout de même un élément majeur qui la contredit : la présence de Rick Deckard dans Blade Runner 2049, se déroulant 30 ans après ce film. Or, on apprend dans Blade Runner qu’un Réplicant à une durée de vie de 4 ans. S’il s’avère que Deckard en est vraiment un, comment aurait-il pu vivre plus de 30 ans ? 

Et toi, qu'as-tu pensé du film et de la théorie émise sur Deckard ? J'attends ton avis soit en commentaire ci-dessous, soit en commentaire Facebook ! N'hésites pas à partager l'article s'il ta plu et parles-en autour de toi ! 😉


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Alex 

mercredi 4 octobre 2017

Critique [SPÉCIAL DCEU] - Suicide Squad

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Note : 2/5 

À l'occasion de la sortie de Justice League le mois prochain (15 novembre), j'ai décidé de revenir sur les précédentes œuvres du DCEU (DC Extended Universe) c'est-à-dire l'univers cinématographique DC, qui rivalise ainsi avec le Marvel Cinematic Universe. M'étant déjà chargé de Batman V Superman (clique) l'an dernier, le film du jour sera Suicide Squad ! 

Je m'attaquerai très prochainement à Wonder Woman suivi (certainement) de Man of Steel, film initial du DCEU débuté en 2013. Contrairement aux autres films de cet univers, celui-ci a pour mission de "réunir les plus grands méchants DC". Une sorte de Avengers ou Justice League avec des vilains.

Synopsis : Face à une menace aussi énigmatique qu'invincible, l'agent secret Amanda Waller réunit une armada de crapules de la pire espèce. Armés jusqu'aux dents par le gouvernement, ces Super-Méchants s'embarquent alors pour une mission-suicide. Jusqu'au moment où ils comprennent qu'ils ont été sacrifiés. Vont-ils accepter leur sort ou se rebeller ?

Si vous avez lu ma critique sur Batman v Superman, vous saurez que j'ai adoré ce film  ne comprenant toujours pas les critiques négatives qu'il a subi. Le DCEU n'a pas démarré aussi fort que le MCU mais il a la légitimité de présenter un univers cohérent et réaliste. Ainsi, j'étais curieux de découvrir ce que Suicide Squad allait proposer. Lors de sa promotion, la première bande-annonce était vraiment très alléchante puisqu'elle proposait un produit qui au premier abord semblait prometteur. Mais les critiques négatives à l'égard de BvS ont certainement fait peur à Warner qui a décidé de reshooté le film afin d'y ajouter une dose d'humour en le "marvelisant". Très mauvaise idée...


Un film prédestiné à l'échec


Dès lors, le film était condamné : son problème était de faire cohabiter le ton réaliste instauré par Snyder (dans Man of Steel et BvS) avec un ton plus léger, plus comique. Le peu de réalisme qu'il reste au film est plutôt bien géré par le réalisateur. En revanche, la légèreté imposée par Warner n'a pas du tout sa place au sein du long-métrage. Suicide Squad a énormément de mal à gérer ce si grand écart de ton et cela a pour conséquence de discréditer le film

Le plus gros défaut du film réside dans son montage chaotique chavirant entre humour et sérieux. Le souci c'est qu'au final, il ne reste que trop peu de sérieux à ce métrage. Non seulement on peine à saisir les enjeux mais en plus l'ennuie s'installe très rapidement tant le film est tiré en longueur, dû sans aucun doute à l'absence d'un deuxième acte. Après les 45 premières minutes, l'intrigue se noie jusqu'à l'affrontement final. Il n'y a absolument aucune évolution au niveau des personnages et l'action manque cruellement... 
En outre, l'intégration de la magie (à l'instar de Dr. Strange chez Marvel) n'est pas une mauvaise idée, mais ça ne fonctionne tout simplement pas. Le scénario m'a paru ridicule en raison de cette absence d'enjeux. L'Enchanteresse et son frère arrivent comme un cheveu sur la soupe et ont une motivation tout aussi risible que le scénario. Le film aurait dû être sombre, comme l'a été BvS. La légèreté prenant beaucoup trop le dessus, la fin devient prévisible. Impossible pour moi de rentrer pleinement au sein de cette intrigue. 

Le reproche qui a été fait à BvS concernant les problèmes du montage est totalement légitime ici. La motivation des producteurs – à savoir regagner la confiance des spectateurs est tellement perceptible qu'il paraît compliqué de trouver les véritables intentions artistiques du réalisateur mis à part certains plans iconiques comme celui du Joker, allongé au sol au milieu d'un horde de couteaux sur un fond musical rap US. Malheureusement, le montage final ne met pas suffisamment à l'honneur ce que le réalisateur tendait à proposer. À trop écouter les critiques, ont fini par perdre l'essence même du film au profit d'une légèreté qui fait tâche. 



Des personnages bancals et élémentaires 



Warner est en grande partie responsable du fiasco de Suicide Squad mais les scénaristes (sauf si, là aussi, le studio est intervenu) ont également leurs parts de responsabilités. Notamment pour l'écriture des personnages ainsi que leurs temps de présences à l'écran. Malgré un casting de qualité, les personnages sont beaucoup trop inégaux. Nous avons affaire à un film nommé "Suicide Squad", on s'intéresse donc
à "un escadron suicide" et pourtant, seuls deux d'entre eux sont véritablement mis en avantTout d'abord Deadshot (incarné par Will Smith) : ce super-vilain possède un background intéressant mais Will Smith n'incarne pas son personnage, il nous fait du Will Smith. C'est bien la première fois que son interprétation me déçoit. Et d'un autre côté nous avons Harley Quinn, parfaitement bien interprétée par la sublime Margot Robbie qui fait un sans-faute. C'est la seule actrice du casting qui parvient à tirer son épingle du jeu. Hormis ces deux-là, tous les autres protagonistes sont survolés
Concernant le casting, j'étais très curieux de découvrir comment la fabuleux Jared Leto allait revêtir le rôle du Joker. Eh bien là, c'est une déception plus que totale. Le Joker n'apparaît que très peu à l'écran qu'il pourrait être relégué au rang de figurant. Son interprétation peine à convaincre à cause de son temps de présence beaucoup trop bref.




Des méchants... Pas si méchants


À aucun moment je n'ai eu affaire à un groupe de super-vilain dangereux ! La production a transformé cette bande de vilains en gentils toutou qui obéissent sous peine d'être tués... Ce sont des "méchants" plus innocents que réellement mauvais. Aucun d'eux n'inspire la crainte. Personnellement, j'ai plus eu l'impression d'avoir affaire à un ancien groupe de mercenaire qui tente de se repentir plutôt qu'à une bande de méchants terrifiants qui, pour certains, donnent du fil à retordre à la chauve-souris de Gotham.  La frivolité du film retire l'objectif même de cette oeuvre et c'est bien dommage.




Des qualités louables 


Ce film n'a pas que défauts, même s'ils sont nombreux. Globalement, le film respecte bien l'esthétique instaurée par Snyder et s'harmonise plutôt bien avec l'univers cinématographique DC établi par les précédents films. En ce qui me concerne, j'ai beaucoup apprécié les liens qui connectent ce long-métrage aux autres films notamment avec les apparitions de Batman et de Flash. 
J'ai été épaté par la grande qualité du décorateur car j'ai trouvé que les costumes, que ce soit ceux de "l'Escadron Suicide" ou ceux de l'Enchanteresse et de son frère, sont particulièrement réussis. 
Les effets spéciaux sont également très réussis, de ce côté-là je n'ai rien à dire. 

La scène post-générique est sans doute celle que je préfère de tout le film. Elle permet d'établir une véritable continuité dans le DCEU et c'est juste. Cette scène possède un ton sérieux dissimulé sous deux enjeux de taille : celui de réunir une équipe de méta-humains (faisant un lien direct avec Justice League) et celui de mettre fin au projet "Suicide Squad" (suggérant un éventuel Justice League vs Suicide Squad ?). 




Suicide Squad n'est pas un mauvais film, son problème c'est qu'il a été charcuté de partout, nous donnant l'impression qu'il a été conceptualisé à la va-vite. Une grosse déception face à projet qui paraît bâclé et inachevé. La production a eu la main mise sur l'oeuvre évinçant ainsi les véritables intentions esthétiques et artistiques du réalisateur. Là où Batman et Superman étaient ambiguës, en jouissant chacun d'une part d'ombre dans le film qui leur est dédié, ici les "méchants" sont superficiels, sympathiques et ne sont tout simplement pas méchants... Ce qui est assez problématique pour un film pareil. D'autre part, les thématiques abordées sont très rapidement expédiées par un humour qui n'a pas sa place. Par peur d'être rejeté comme l'a été BvS, ce métrage semble avoir été "marvelisé" avec un ton fun et léger, qui ne passe pas du tout hélas. La plupart des personnages sont transparents et sous-exploités. Vu le potentiel de certains tels que El Diablo, on se dit que c'est du gâchis que de n'avoir développé seulement deux personnages qui n'en valaient pas forcément la peine. 


En bref, un film qui peine à s'assumer pleinement, préférant jouer la carte de l'humour pour plaire à un plus grand public. Finalement, Suicide Squad aurait gagné à être davantage sombre : un ton qui aurait été plus que cohérent avec l'intrigue et les personnages proposés.
Des personnages alléchants, un casting de choix : un film qui avait vraiment tout pour plaire mais qui déçoit. Il commence fort avant de devenir brouillon.

Et vous, qu'en avez-vous pensé ? 

Rendez-vous très bientôt pour une nouvelle critique spéciale DCEU sur la plus sauvage des Amazones, Wonder Woman !

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Alex 

dimanche 24 septembre 2017

Critique - Ça (2017)

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Note 3,5/5

Déjà adapté sous forme de téléfilm dans les années 90, le roman culte de Stephen King, Ça, est de retour, cette fois-ci dans nos salles obscures.
Rélisé par Andy Muschietti, Ça raconte comment une entité maléfique - prenant l'apparence d'un clown nommé Grippe-Sou - kidnappe des enfants pour les dévorer.


Résultat de recherche d'images pour "ça 2017"À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s'intégrer se sont regroupés au sein du "Club des Ratés". Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l'école. Ils ont aussi en commun d'avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu'ils appellent "Ça"… 

Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu'un petit garçon poursuivant son bateau en papier s'est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou …

Depuis la sortie du film aux USA, fin août il me semble, je n'ai entendu que des éloges sur cette oeuvre cinématographique. Étant donné que Stephen King n'est pas facile à adapter sur grand (comme petit) écran, j'ai eu confiance en ces critiques positives et me suis donc laissé tenter par cette aventure horrifique.
Je tiens d'abord à signaler que je n'ai ni lu le livre, ni vu le téléfilm. Je ne connaissais donc rien à l'histoire.

Il est clair que je n'ai absolument pas été déçu. Ça est une oeuvre élégante avec une très belle photographie et un clown admirablement imposant ! 


Tout au long de la première partie du film, je n’ai pu m’empêcher de constater que l’ambiance 80’s qui a été instaurée est très ressemblante à celle de la série Stranger Things. Ce n’est pas pour rien que nous retrouvons au casting l’un des acteurs principaux de la série. Ce long-métrage est porté par une bande d’enfants (« Les loosers ») dont l’étalonnage de l’image laisse à penser que Ça s’est beaucoup inspiré de la série Netflix : nous avons affaire à des jeunes gamins qui enquêtent à la place des adultes, se déplaçant (quasiment) tout le temps à vélo… Vous remarquerez quand même que les similitudes sont là.

Résultat de recherche d'images pour "ça 2017 stephen king"Concernant les effets horrifiques utilisés, je dirai qu’ils restent très classiques : des portes qui grincent, des lumières qui vacillent et une apparition démoniaque… Ça n’innove en aucun cas le genre – et ce n’est pas à lui de le faire. Le réalisateur tente de jouer sur nos peurs, tout comme l’entité maléfique avec les enfants, et c’est assez réussi. Ce que je trouve dommage en revanche c’est l’utilisation (un peu trop) fréquente des jump-scares. Je suis quelqu’un qui peut facilement avoir peur devant ce type de film, pour autant je n’ai pas sursauté une seule fois tant certains éléments semblaient prévisibles. Malheureusement, l’ambiance horrifique – bien qu’elle fonctionne – n’est pas assez posée et donc pas suffisamment inquiétante pour créer en nous une véritable peur. Et pour un film qui est censé faire peur, c’est dommage…

J’ai l’impression que le cinéaste n’a pas voulu se positionner dans un genre en particulier. On passe donc de l’angoisse à l’humour et de l’humour à l’émotion… Tout cela fonctionne – bien entendu – mais à force de ne pas choisir son camp, l’œuvre donne l’impression d’être fade et ce, malgré l'efficacité du long-métrage (je me répète, mais c'est important de le dire).

Difficile de mettre en place une véritable ambiance lorsque le spectateur assiste à un enchaînement de scènes « horrifiques » qui n’ont pas de liens directs avec l’intrigue principale. Ce processus est un bon moyen de garder le public éveillé, mais ça s’arrête là. À plusieurs reprises, on assiste à des scènes assez gores et "sanglantes" (je pense notamment à la scène qui se déroule dans la salle de bain de Beverly) mais cela n’est pas pour autant synonyme d’épouvante.

Vous l’aurez saisi, à mon sens Ça n'est pas un très bon film d'horreur. La faute est dû aux partis pris scénaristiques ou encore aux facilités d'écriture. Je n’ai pas toujours compris comment certains des héros parviennent à survivre...

Image associéeMalgré tout, Bill Skarsgård est impérial dans le rôle du clown maléfique ! Je trouve en effet qu’il donne une profonde identité au personnage. Une représentation très charismatique et imposante d’un démon mystérieux, et qui restera encore un mystère à la fin du métrage puisqu’on ne connaît pas ses origines. Néanmoins, le parti-pris esthétique pour rendre cette créature effrayante échoue à la rendre terrifiante. Je m’explique, l’interprétation de Tim Curry dans le téléfilm jouait avec brio sur le décalage entre le costume du clown (qui est censé être joyeux) avec son interprétation (assez sombre). Ce décalage rendait le tout flippant. Je n’ai vu que la scène d’introduction du téléfilm et pourtant, elle m’a beaucoup plus foutu la frousse que celle de ce long-métrage. Ici, Ça a d’ores et déjà l’apparence d’un être maléfique. Il n’y a alors aucun décalage et Ça ne fait donc pas peur. On connaît déjà ses intentions rien qu’en le voyant.

Ça n’est pas pour autant dénué de qualités. La dimension psychologique et émotionnelle qui en ressort ne nous laisse pas indemne. Nous avons affaire à une chronique humaine cachée sous ce récit de monstre, celle d’enfants « abîmés » par la vie de par leurs vécus respectifs (l'histoire qui m'a le plus touché est celle de la jeune Beverly). C’est là toute la force du filmÇa n’est peut-être pas aussi horrifique que tout le monde le prétend, mais il est oppressant. C’est indéniable. Les enfants évoluent dans un quotidien glauque au milieu d’adultes et de fous (Henry Bowers – dont les apparitions sont plus angoissantes que celles du clown). Chacun des personnages sont globalement bien écrits. Leurs réactions et comportements face à certaines situations m’ont paru cohérentes et logiques. D’autre part, chacun d’eux porte une thématique dès plus intéressante et c’est cela qui donne au film une dynamique que je qualifierai de passionnante.

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Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde devant ce film qui est – permettez moi de le préciser – servi par un casting de qualité. Tous les enfants membre du Club des Ratés (ou des Loosers) sont parfaits dans leurs rôles. Ce sont clairement eux qui portent l’intégralité du film sur leurs épaules. J'ajoute également que les costumes et les décors sont fidèles aux années 80 et retranscrivent cette époque à merveille
Maintenant j’espère que la suite – prévue pour 2019 – nous apportera plus d’explications sur certains faits. Je reste confiant et suis certain que la deuxième et dernière partie nous donnera toutes les réponses aux questions que l’on se pose après avoir vu ce premier opus.

Résultat de recherche d'images pour "ça 2017 stephen king"En somme, Ça mérite d’être vu de par l’aspect psychologique qui offre une dynamique très intéressante à cette œuvre cinématographique. Un film d’horreur discutable mais pas un mauvais film pour autant. Si l’antagoniste peut décevoir et que les facilités d’écriture sont parfois trop visibles, le film est très bien servi notamment par une mise en scène efficace car elle privilégie l’aspect humain, par une direction artistique soignée et par des personnages vraiment très bons, servis par des dialogues de qualité.
C'est un film que je reverrai avec grand plaisir !

Ce que j’attends de la suite ? Qu’elle soit de qualité (tout comme ce film ci), qu’elle nous apporte des réponses, que le casting adulte soit à la hauteur et surtout, qu’elle fasse peur.

Je conclurai cette critique par ceci : je ne suis pas un expert en Stephen King. J'ai lu certaines de ces œuvres et j'adore cet écrivain. Ne maîtrisant pas totalement son univers, il est fort possible que vous ne soyez pas forcément d'accord avec mon avis - ce que je conçois parfaitement. Ainsi, si vous avez lu le livre et que vous avez des suggestions et/ou informations à m'apporter, ce serait avec plaisir. Je ne critique qu'en tant que simple spectateur du film et non pas en tant qu'admirateur de Stephen King (je suis encore un novice dans cet univers), c'est une nuance que vous devez avoir en tête en lisant ceci. 😉

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Alex 

mercredi 6 septembre 2017

Star Wars IX perd son réalisateur


La nouvelle est tombée ce matin ! Colin Trevorrow - derrière la caméra de Jurassic World - n'est plus en affaire avec LucasFilm. Quelques mois après le départ de Phil Lord et Chris Miller (remplacés par Ron Howard) à la réalisation du spin-off dédié à Han Solo, c'est aujourd'hui au tour de Star Wars : Episode IX de voir son metteur en scène quitter le navire, ou plutôt le vaisseau (les vrais auront compris le petit jeu de mots)

Lorsque J.J Abrams fut annoncé comme metteur en scène du Réveil de la Force, nous avions également été informés que Rian Johnson et Colin Trevorrow réaliseraient les prochains opus à raison d'un film chacun. Pourtant, ce matin LucasFilm a publié le communiqué suivant :

« Lucasfilm et Colin Trevorrow ont mutuellement décidé de se séparer sur Star Wars : Episode IX. Colin a été un merveilleux collaborateur durant tout le développement, mais nous en sommes tous venus à la conclusion que nos visions pour le projet étaient différentes. Nous souhaitons le meilleur à Colin et nous partagerons de nouvelles informations sur le film bientôt. »

Le mois dernier - en août - nous avions appris l'arrivée d'un nouveau scénariste en la personne de Jack Thorne, surtout connu pour son travail à la télévision ainsi que pour l'écriture de Harry Potter et l'Enfant Maudit et en juin, il avait été dit que Trevorrow et Johnson (réalisateur de Star Wars : Les Derniers jedi) avaient pris contact pour une scène qui - jusqu'à maintenant - est tenue secrète. Que s'est-il donc passé pour que les deux partis aient décidé de se séparer ? Et surtout, qui va mettre en scène le neuvième épisode, celui qui doit clôturer la nouvelle trilogie ? 

D'après le site Deadline, c'est Rian Johnson lui-même qui serait pressenti pour prendre les commandes  de l’Épisode IX. Il semblerait que Trevorrow et Disney n'avaient pas la même vision du projet, et les nouveaux propriétaires de Star Wars souhaitent que les choses soient faites comme ils le veulent ou bien c'est la porte. 
Toujours d'après Deadline, Johnson se serait parfaitement intégré à la "machine" LucasFilm. Pourtant, une autre rumeur affirme que J.J Abrams est également un choix possible.

Avant le départ de Phil Lord et Chris Miller sur le spin-off Han Solo, rappelons tout de même que Rogue One : A Star Wars Story avait également été secoué par le départ de son réalisateur, Josh Trank, remplacé par Gareth Edwards.

Star Wars: Episode IX doit sortir le 22 mai 2019. Les Derniers Jedi, réalisé par Rian Johnson, doit - quant à lui - sortir le 15 décembre 2017.



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Alex

dimanche 6 août 2017

Critique - Valerian et la Cité des mille planètes

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Note : 3,5/5
Salut salut la communauté ! 😄 Eh oui, qui a dit qu’Alex ne bossait pas pendant les vacances ?! On se retrouve aujourd’hui pour une critique dédiée à Valerian et la Cité des milles planètes. Après une trilogie moyennement réussi (celle d'Arthur et les Minimoys) et un passable Lucy, Besson est donc de retour avec son nouveau projet. Au casting : Cara Delevingne, Dane DeHaan, Rihanna, Clive Owen, Ethan Hawke et j'en passe. 

Le tant attendu « plus grand film français de tous les temps » est enfin dans nos salles obscures depuis un peu plus d’une semaine. Effectivement, avec son budget démesuré d’environ 197 millions d’euros, ce Vaérian est LE film hexagonal le plus cher de l’histoire du cinéma français. Se situant entre Le Cinquième Élément et Arthur et les Minimoys, Luc Besson étale un nombre considérable d’extraterrestres et de créatures en tout genre.

Résultat de recherche d'images pour "valerian"Adapté d’une bande-dessinée, ce film raconte l’histoire de Valerian et Laureline, deux agents spatio-temporels, et se déroule au 28ème siècle. Ils sont chargés de maintenir l'ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha - une métropole en constante expansion où des espèces venues de l'univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d'Alpha, une force obscure qui menace l'existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valerian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l'avenir de l'univers.

Bande-annonce : 



Ce qu’il faut savoir, c’est que depuis toujours Luc Besson c’est l’histoire d’une ambition : donner au cinéma français un nouveau genre plus universel, capable de rivaliser avec ce que Hollywood peut offrir. En partant de ce postulat, Valerian et la Cité des mille planètes est une œuvre à 100% Bessonienne avec son lot de qualités et défauts – ce qui ne l’empêche pourtant pas d’être louable. Après tout, il n’y a que ceux qui ne tentent rien qui ne font pas d’erreurs. Besson a le mérite de vouloir rehausser le cinéma français pour ne pas qu'il soit réduit aux simples comédies bas de gamme. Même si Valerian fait des erreurs émanant de son réalisateur (le scénario essentiellement), il triomphe aussi. De nombreux points font de ce film un véritable ovni dans la création cinématographique française et qui se soutient, en vue d’une amélioration des dits défauts, pour une suite.

Image associée

La réussite de ce long-métrage ainsi que la sensation de satisfaction en sortant de la salle viennent de cet univers cohérent et graphiquement enchanteur qui a été mis en place ; grand point fort dans la réalisation de Besson. Car là où le réalisateur est un génie c'est dans la partie créative et visuelle.
Image associéeQue les déçus de Star Wars 7 se rassurent, ici vous ne voyagerez pas entre la Tunisie et la Nouvelle Zélande, mais bien au travers des différents quartiers de la cité des mille planètes via différentes étapes initiatiques qui réussissent à happer le spectateur dans un monde avec ses règles, sa propre politique, sa technologie (qui fait envie), ses races… etc.
Le film offre un nombre d’effets visuels incroyables qui parviennent sans difficultés à bâtir une cohérence graphique plaisante et dépaysante avec une mise en scène tout bonnement efficace. Je pense notamment à la course poursuite entre deux dimensions ou la traversée de la cité ; toujours au profit d’une vraie lisibilité de l’action.
Résultat de recherche d'images pour "valerian image film"Du coup, Valerian s’inscrit pleinement dans la volonté de construire un univers extraordinaire au détriment d'une histoire surprenante et originale.
Le scénario, parlons-en. Celui-ci est – comme les 99% de la filmographie de Luc Besson – mauvais. Entre la difficulté de lier les étapes vers un tout scénaristique, l’absence de construction des personnages pour n’en faire que les objets d’une romance et la révélation du méchant dès sa première apparition (tellement prévisible), ce n'est pas cela qui va nous coller à notre siège pendant près de 2h. Valerian souffre d’un scénario un peu trop manichéen, de la même façon que le grand Avatar – qui était visuellement époustouflant lui aussi. À mes yeux, le plus grand point faible de cette œuvre de SF provient de l’intrigue. Non seulement cette dernière est prévisible tout en manquant d’originalité mais d’autre part, on retrouve un grand nombre de répétitions scénaristiques ; Valérian doit voler au secours de Laureline puis inversement et ce, à plusieurs moments du film. Certes, cela nous permet de découvrir de nouveaux lieux dans cette fameuse Cité des mille planètes mais scénaristiquement parlant, les répétitions peuvent être pénibles. Ça n’a pas été mon cas.

Ce que je trouve dommage aussi, ce sont les enjeux qui ne paraissent absolument pas important. Par exemple, lors de leur première mission – dans le film bien sûr – les deux agents doivent récupérer un objet qui – d’après ce qui est dit – est très important. Pourtant, une fois l’objet récupéré on passe directement à autre chose. Cela se produit également à plusieurs moments. On a donc du mal à comprendre l’importance des enjeux.

Tout au long de cette œuvre cinématographique, on perçoit le côté « spatio » de ces deux agents mais pour ce qui est de l’aspect « temporel », il n’en est rien. Je ne sais pas pour vous, mais moi lorsque je lis « spatio-temporel » je m’attends à des voyages dans le temps. Peut-être que cette caractéristique sera développée dans les suites. Ici on ne se contentera qu’à des agents voyageant dans l’espace et non dans le temps.

Résultat de recherche d'images pour "valerian image film"Aussi si l'on a droit à un grand space-opera façon Star Wars – que plusieurs scènes de combats de vaisseaux d’une qualité hors norme viendront confirmer – Valerian est avant tout l’histoire sentimentale de deux êtres inséparables. On flirte dangereusement avec le mélodrame niais sans jamais y tomber et pour le coup, je félicite Besson. Au vu de la pauvreté scénaristique, on aurait pu s’attendre à une histoire d’amour totalement nunuche et ce n’est pourtant pas le cas. Ainsi, cette superproduction française n’est pas décevante en tout point.

Pour ma part, je n’ai déniché aucun temps mort. Pendant 2h, j’ai été en pleine immersion dans l'univers graphique qui nous est proposé.

Résultat de recherche d'images pour "valerian image film"Valerian et la Cité des mille planètes est malgré tout un excellent Besson, pourvu d’un scénario beaucoup trop simpliste et peu original. Le casting est incroyable – avec une mention spéciale pour Dane DeHaan qui l’un des meilleurs acteurs de sa génération – malgré un méchant très archétypal qui s’avère décevant au plus au point. De mon côté je n’ai constaté aucune longueur, bien au contraire cette fresque de science-fiction file à un rythme effréné nous évitant l’ennui. Vous ne verrez pas de film aussi abouti visuellement. De tout ce qui est sorti ces derniers temps, c’est sans aucun doute ce que vous verrez de mieux au niveau des effets spéciaux. Luc Besson rivalise avec Avatar – tant sur l’aspect scénaristique fourbe que sur le visuel monstrueusement réussi. Visuellement époustouflant, scénaristiquement décevant : Valerian peut laisser un avis mitigé. Personnellement, ce n’est pas pour le scénario que j’allais voir ce film et pour ce qui nous est proposé, croyez-moi on en a pour notre argent. Un spectacle pareil mérite d’être vu sur grand écran.

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Ainsi donc, ce projet faramineux n’en demeure pas moins essentiel et fondateur pour le cinéma français, capable de rivaliser sur le terrain du blockbuster.

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Alex