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vendredi 2 novembre 2018

Pourquoi Tony Stark peut-il sauver l'univers ? [SPOILERS INFINITY WAR]


Cela fait plusieurs mois maintenant qu’Infinity War est sortie sur nos écrans et s’il y a bien une question que tout le monde se pose c’est : comment les héros restants vont parvenir à vaincre Thanos et rendre forme humaine à tous les êtres parties en poussières ? Bien évidemment, les théories sur Avengers 4 sont légion et évoquent – pour la plupart – des voyages dans le temps. Si celles-ci paraissent crédibles, laissez-moi tout de même vous expliquer pourquoi, selon moi, Tony Stark est le seul qui est capable de sauver l’univers ! Notre cher Iron Man fait clairement partie des survivants du claquement de doigt de Thanos et un grand nombre de détails prouvent que sa survie est capitale à la défaite du Titan Fou.

La première chose sur laquelle j’aimerai revenir est la scène dans Avengers : Infinity War où Dr. Strange explique à Tony Stark que s’il devait le sauver lui, le petit [mentionnant Peter Parker] ou la Pierre du Temps, il n’hésitera pas une seconde à sauver la Pierre. Et pourtant, lors du combat final sur Titan, au moment où Thanos s’apprête à ôter la vie de Stark, le Sorcier Suprême lui demande de l’épargner en échange de la Pierre. Pourquoi donc ce changement soudain ? N’oublions pas que quelques minutes plus tôt, Doctor Strange s’est servi de cet artefact afin de visualiser tous les dénouements possibles. Ce dernier a pu entrevoir 14 000 605 futurs – dont un où l’équipe parvenait à l’emporter. On peut donc supposer que le Sorcier du MCU, savait que Tony Stark allait devenir un élément-clé dans Avengers 4. Peut-être sera-t-il le seul à savoir palier la menace post-Thanos ? Ou à trouver un moyen de ramener la paix et la prospérité au sein de la galaxie ?


Il est également indéniable que Ant-Man, ou Scott Lang, aura un rôle très important à jouer. D’après certains fans, Avengers 4 débutera cinq ans après les mésaventures d’Infinity War. Le film commencerait donc avec Ant-Man toujours bloqué dans la dimension quantique (comme on le voit dans la scène post-générique d’Ant-Man & la Guêpe) parvenant à trouver un moyen pour retourner dans le monde réel grâce à un vortex temporel. Malheureusement pour lui, cette solution l’a propulsé cinq années dans le futur. Il retrouve alors une planète qui a subi le jugement de Thanos et où la moitié de l’humanité a disparu. Scott Lang, à peine revenu sur Terre, va se mettre en quête de sa petite fille, Cassie. Malheureusement introuvable, le jeune héros se tourne alors vers Tony Stark qui est de retour à New-York et qui est désormais à la tête du S.H.I.E.L.D – Nick Fury étant mort lui aussi (cf la scène post-générique d’Avengers 3)
Grâce à l’outil créée par Stark et que l’on aperçoit dans Civil War lorsqu’il revoit le moment où il voit ses parents pour la dernière fois, Tony va visionner maintes et maintes fois les images de la bataille menée sur Titan dans l’unique but de trouver une faille pour vaincre Thanos. Finalement, Cassie va être retrouvée pour le plus grand plaisir de Scott Lang. C’est de cette réunion que va naître une idée : se servir du chagrin qu’éprouve Thanos (le fait d’avoir sacrifié Gamora) contre lui. Tony va donc récupérer la technologie d’Hank Pym pour créer des champs quantiques et va solliciter l’aide de Scott, qui commence à maîtriser cette dimension, afin de trouver une solution pour remonter le temps.



La théorie reprend donc l’idée la plus propagée des derniers mois qui est de revenir dans le passé (et notamment durant les événements du premier Avengers) et il s’avère que c’est à l’heure actuelle la solution la plus crédible afin que les Avengers tuent Thanos et « ressuscitent » tous leurs compagnons morts. Comme cela est annoncé depuis un petit moment, Avengers 4 devrait avoir deux grandes stars : Iron Man et Captain America. Pourquoi ? Parce que les deux héros, qui mèneront la révolte contre le Titan fou, vont devoir faire face à une réalité : se sacrifier pour sauver l’univers. Dès lors, la Pierre de l’âme pourrait être la clé du salut de l’humanité. L’un des deux Avengers devra ainsi se sacrifier pour que l’autre puisse prendre le contrôle de la Pierre afin d’annuler le claquement de doigts de Thanos. Et à la fin, les deux seront définitivement morts. Avengers 4 signerait ainsi la fin de deux personnages emblématiques du MCU avec le but de lancer dans l’arène de nouveaux leaders (Spider-Man, Docteur Strange, Black Panther). Toutefois, si la mort de Captain est probable suite à un tweet posté il y a plusieurs semaines par Chris Evans dans lequel il annonce qu’il n’interprétera plus le rôle de Steve Rogers après Avengers 4, rien n’est moins sûr pour Stark. Néanmoins, si ce dernier opus se veut être impactant, il devra obligatoirement tuer définitivement certains de ses héros.

Avec toutes ses théories et informations éventuels, vous devez sûrement vous interroger sur la manière dont les héros pourraient voyager dans le temps ? La réponse est : le « Quantum Real » (qu’on appelle aussi Royaume Quantique), une zone qui peut être définie comme une dimension hors du temps, uniquement accessible par un énorme rétrécissement subatomique causé par les particules de Pym. S’il est pratiquement certain qu’Ant-Man sera lié au Quantum Realm, tel que nous l’avons vu dans la théorie émise un peu plus haut, d’autres théories suggèrent également que Captain Marvel, serait-elle aussi liée à cette dimension. Ces derniers s’appuient notamment sur le fait que Nick Fury a toujours gardé sur lui le petit gadget de télécommunication lui permettant d’appeler à l’aide Carol Danvers. Si tel est le cas, pourquoi ne l’a-t-il pas appelée lors de la bataille de New York, celle d’Ultron ou encore lorsqu’il était pourchassé par Hydra ? Peut-être parce qu’elle était bloquée dans une autre dimension ? Nul doute que Captain Marvel aura, elle aussi, une importance capitale dans Avengers 4. Et je pense, (puisqu’il s’agit du sujet de cet article quand même, que Tony Stark est le seul à trouver le moyen pour la faire revenir (s’il s’avère qu’elle est bloquée dans une autre dimension) … Mais d’une manière ou d’une autre, Tony Stark sera notre sauveur. Quelles qu’en soit les conséquences.
Qu’est-ce qui me fait dire ça ? Eh bien tout simplement parce que le Marvel Cinematic Universe a vu le jour grâce à Iron Man. Et je trouve ça logique que la boucle soit bouclée avec Tony Stark. Avec lui tout a commencé, et tout doit s’achever avec lui.

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Alex 

jeudi 9 août 2018

La franchise Taxi a du mal à passer la cinquième...



Note : 2.5/5

Taxi 5 débarque plus de onze ans après le quatrième volet et à la fin on se demande : tout ça pour ça ? Je ne vais pas y aller par quatre chemins : cet opus est très décevant, le scénario est inexistant et on ne retrouve absolument pas le charme de la franchise. Vous l'aurez compris, c'était mauvais et ce, pour plusieurs raisons, certes, mais on peut également trouver son compte dans ce film, comme j'y ai trouvé le mien. Alors oui, c'est assez contradictoire de dire ça compte tenu de ma note et de mon avis global... Pourtant, je n'ai pas passé un mauvais moment, loin de là même, j'ai ri lorsque les scènes étaient réellement drôle et j'ai trouvé que c'était assez divertissant en plus d'être assez bien mené par le nouveau duo principal pour ne pas être ennuyant. On regrettera par contre les vannes insistantes sur le poids de la flic Sandrine. Les apparitions de Bernard Farcy en revanche sont géniales ! L'acteur semble visiblement ravi de se retrouver en Gibert - la scène où il chante "Tchikita" de Jul est assurément en passe d'être culte.
Malgré cela, ma note est très basse tout simplement car ce film n'est pas un "Taxi". C'est une bonne comédie oui, où on peut rire de bon cœur, où on ne s'ennuie pas, bref tout ce que vous voulez, mais c'est une insulte royale à la saga. Franck Gastambide voulait se différencier des précédents films de la saga d'après ses interviews, soit, mais quitte à vouloir faire quelque chose de nouveau, autant le faire jusqu'au bout ! 



Je ne suis absolument pas contre l'ambition de faire différemment, bien au contraire, mais dans ce cas il aurait fallu assumer le reboot de la saga ! Le réalisateur recopie sans cesse et sans relâche chaque détail, chaque blague, chaque musique, chaque cascade et tout cela en beaucoup moins bien, évidemment. J'ai eu l'impression de voir une longue redite du premier film avec des dialogues débiles interminables en plus, une enquête policière et des courses poursuites impressionnantes en moins : et ce n'est qu'un des majeurs problèmes du film. À force de vouloir faire du neuf avec du vieux, le film se perd dans ses intentions et on assiste à un film sans réelle valeur ajoutée. Tout d'abord, nous pouvons nous poser cette question : Taxi 5 est-il un hommage rendu à la saga ou est-il simplement qu'un énorme plagiat ? La réponse à cette question peut être différente selon le spectateur et détermine son ressenti global à la sortie du film. Me concernant, durant la première demi-heure, j'ai vu le film comme un hommage. On reprend certains personnages comme le commissaire Gilbert ou encore le policier municipal Alain Trésor, quelques blagues comme celle de la montre de Gilbert (réglée à tout jamais sur 12h05) et on revoit quelques scènes des anciens films de la saga avec les différents méchants auxquels le duo Daniel et Émilien ont eu affaire. 
Même si cela paraissait un peu comme du fan service facile, d'un autre côté, cela m'a fait plaisir de revoir quelques scènes de la saga. Hélas, plus le film avançait et plus il tentait de me faire changer d'avis... En effet, même en expliquant de manière très brève ce qu'est devenu le duo, le film ne fait que parler d'eux et il en devient très vite agaçant. Daniel par ci, Daniel par là, et son taxi il revient du bled, et Daniel n'aurait pas agi comme ça, et Daniel n'aurait pas fait comme ci : c'est simple, on parle de Daniel tout le temps ! Alors je comprends tout à fait que les scénaristes ne pouvaient pas ne pas expliquer ce qu'était devenu le duo, mais au point d'en parler toutes les cinq minutes, je ne pense pas que c'était nécessaire. 

En réalité, le problème ne se situe pas vraiment là. Le problème c'est qu'en faisant cette sorte de suite/reboot de la saga, Franck Gastambide voulait faire quelque chose de nouveau et apporter du neuf à la saga. Mais alors pourquoi parle-t-il du passé de la saga sans arrêts ? Comme je l'ai dit un peu plus tôt, quitte à faire quelque chose de nouveau, autant le faire jusqu'au bout et se détacher du passé ! Je ne comprends pas du tout pourquoi on parle autant de ces personnages si ce n'est que pour nous les faire regretter...  
Que ce soit au niveau de la bande originale (bon et encore ça, ça passe) ou au niveau des cascades, tout est sensiblement pareil : par exemple, dans Taxi 2, il y a une grosse cascade qui se déroule à Paris où on assiste à une accumulation de voitures de flics accidentées ; dans le 5 cette cascade se déroule à Marseille et cette fois-ci avec des voitures de civils, seule nouveauté dans la cascade qui n'est, par ailleurs, même pas crédible tant le montage est mauvais et que l'accident était évitable dès le premier choc ! Il y a également une autre cascade reprise de la saga, cette fois-ci de Taxi 3, lorsque le taxi roule sur deux roues pour poursuivre un scooter, on retrouve la même cascade dans le 5 sauf que cette fois-ci c'est dans une voiture de la police qu'un chauffeur Uber se fait poursuivre. Néanmoins, sans ces petits changements, la cascade est identique. Le summum du ridicule arrive à la fin du film lorsqu'un des personnages principaux découvre des voitures miniaturisés des premiers taxis et c'est là qu'on se rend compte que l'hommage sert plus à remplir les cases vides laissées par un scénario lui aussi trop vide. Alors, clins d'œil et multiples hommages à la saga ou bien plagiats conséquents et gros manque d'inspiration ? C'est au spectateur de voir et cela influera forcément sur son avis global. Personnellement, je suis assez mitigé sur la question. D'un côté, je doute que Gastambide ait voulu à ce point copier la saga sans que personne ne le remarque. Je pense qu'à la base cela partait d'un bon sentiment pour satisfaire les fans, or le problème c'est que cette accumulation de clins d'œil noie totalement le film et l'empêche de déployer sa propre personnalité et ses nouveautés, donc au final, on se dit qu'il n'était pas nécessaire de refaire un film pour assister à une simple redite ponctuée d'hommages à répétition, donc même si ce ne sont que des hommages, l'effet attendu est quelque peu raté. Malheureusement, même en répondant à cette question, la déception ne s'arrête pas là. 

Je pense que lorsqu'on va voir un film Taxi, ce n'est ni pour l'élaboration du scénario ni pour l'élégance de l'humour : on y va en grande partie pour y voir de belles cascades et des scènes d'action impressionnantes... mais même ça le film ne le réussit pas. Un comble quand même pour un film d'action avec un taxi aussi puissant et technologique ! C'est de loin ce qu'il y a de plus décevant dans ce film : le taxi est rangé dans un coin de l'histoire et ne sert que de prétexte pour figurer sur le titre du film alors qu'il n'est en aucun cas au cœur de l'action. En effet, seules trois scènes d'action se font à bord du taxi... La première scène, où nous assistons à la seule scène de braquage totalement nulle où nous ne voyons rien de bien excitant, est plutôt pas mal sur certains aspects, notamment au niveau de la photographie, de la bande originale ou même au niveau des cascades réalisées par le taxi, mais le problème c'est que la scène ne dure pas assez longtemps et qu'elle est sans arrêts coupée par le montage ! On se retrouve là avec une scène qui n'est absolument pas immersive et limite désuet d'intérêt : ce n'est donc pas une réelle réussite pour la première vraie apparition du taxi. Concernant la deuxième, elle se déroule sur un circuit automobile. Je vous passe les détails de la scène mais c'est là aussi copié sur le premier film de la saga, lorsque Daniel rendait une petite visite à nos amis Allemands.  



Concernant les personnages, c'est de ce côté là très nuancé : on a aussi bien affaire à de bons personnages qu'à des mauvais. Premièrement, il y a la bonne surprise du film : Franck Gastambide (Sylvain Marot) et Malik Bentalha (Eddy Maklouf) forment un duo énergétique, les deux acteurs jouent sensiblement bien tous les deux et se complètent l'un l'autre sur plusieurs aspects, ce qui fait que leur duo fonctionne et qu'ils arrivent à nous fait rire et on prend plaisir de rire avec eux. Toutefois, il y a quelque chose à redire sur ces personnages : Eddy est beaucoup trop traître pour que cela paraisse crédible et Sylvain cumule les rôles de chauffeur et policier : quelle est donc la valeur ajoutée de Eddy ? Je veux bien entendre que c'est à son oncle qu'il doit le taxi donc il a un peu sa part de réussite dans toute cette histoire, mais rien n'oblige Sylvain à faire équipe avec lui, compte tenu en plus de ses multiples infractions et du fait que c'est un abruti... Sa place dans le duo n'est donc pas réellement justifiée dans le scénario

Par ailleurs, je trouve le rôle de Sabrina Ouazani moyen, elle connaît le taxi et ses fonctionnalités mieux que personne et cela devrait paraître crédible ? Bien sûr. En réalité, elle ne sert qu'à offrir une fin heureuse au personnage de Sylvain mais c'est tout de même très limité en terme de crédibilité comme rôle. 

Deuxièmement, il y a la brigade policière qui est globalement sympathique même si tout le petit monde qui la compose est beaucoup trop stéréotypée : il y a la grosse, le nain, le fou et le charmeur qui donneront lieux à de nombreuses moqueries et je trouve ce type d'humour peu glorieux, même si il peut faire mouche parfois. Également, il y a les antagonistes du film... et c'est là que cela coince le plus. Dans les premiers films, les méchants avaient une place importante et possédaient un certain charisme. Entre les Allemands tarés, la Chinoise tordue et le Belge fou, on avait eu des méchants plutôt bons. Mais là, les Italiens, quelle déception !!! Le groupe, emmené entre autres par la star de la série Gomorra, Salvatore Esposito, qui n'a par ailleurs que deux expressions faciales dans le film, est totalement inutile et dénué de charisme. 
Et pour cause, leur seule scène de braquage est ratée, ils jouent tous très mal, leurs agissements et la composition de la bande est un gros cliché (le gros c'est le boss, le fou c'est le second et les autres ne servent qu'à grossir les rangs de la bande) et ils n'apparaissent pas assez longtemps pour laisser ne serait-ce qu'un petit souvenir dans la saga. C'est également malheureux que les méchants ne soient pas aussi méchants que ça... Enfin, pour conclure sur les personnages, j'ai été assez déçu du traitement du commissaire Gilbert, bien trop tourné au ridicule pitoyable à mon goût. Il a toujours été ridicule mais pas de cette manière-ci. Ils ont quand même osé lui confier la présentation, qui est par ailleurs copiée sur la présentation de la voiture de protection dans Taxi 2, de la voiture KK-2000, la ramasseuse de déjections canines : c'est dire à quel point ils ne respectent pas le personnage de Bernard Farcy... Encore heureux qu'il soit drôle sur le peu de fois qu'il apparaît ! Je n'ai également pas bien compris la charge de son rôle : dans ce cinquième film, Gilbert est devenu maire de la cité marseillaise et pourtant il vient missionner la police municipale de l'affaire des braqueurs italiens. Alors premièrement ne serait-ce pas à la police nationale de s'en occuper ? Et deuxièmement pourquoi est-ce lui qui vient leur donner la charge de l'enquête policière ? Son rôle est tout de même assez confus en somme et tout cela m'amène à parler de l'enquête policière... 



Inexistante : c'est l'adjectif qui résume au mieux l'enquête policière. Les autres films faisaient l'effort au moins, mais là non, c'est plat, il n'y a aucun suspense dans l'avancée de l'enquête, les indices sont livrés sur un plateau d'argent, bref c'est nul. Dans le premier film, par exemple, Daniel analysait les pots d'échappement des Mercedes et arrivait à déterminer qui équipait les voitures des Allemands. Or ici, le duo comique s'infiltre dans une soirée organisée par les antagonistes et trouvent, en s'aventurant dans le bureau secret des Italiens, un dossier tout prêt, posé en plein milieu du meuble, contenant les photos du bijou que les méchants s'apprêtent à voler... Sérieusement ? Gastambide ne nous a pas assez pris pour des cons jusque là ? Il aurait pu se fouler un peu plus sur l'élaboration d'une enquête policière. Ce qui donnait du corps à la saga à ici été effacé : un élément de plus porté disparu. Mais bon après tout, au point où on en est, ce n'est qu'une chose de plus...  

En fin de compte, Gastambide a voulu faire son blockbuster à la française, son Fast & Furious à lui comme en témoigne l'utilisation de Get Low de la bande originale de Fast & Furious 7 de James Wan, il l'a fait, il est content, malheureusement il se plante à bien des égards : à chaque rare point positif il y a toujours du négatif à souligner. Au moins, l'ambition était là et ça, on ne peut le nier. En somme, je ne sais toujours pas quoi penser de Taxi 5, partagé entre le fait d'avoir passé un bon moment et le fait d'être déçu de voir toute l'essence d'une saga que j'apprécie disparaître... 

Taxi 5 veut faire au fond table rase du passé, c'est dit texto par Edouard Montoute : c'est fini, Daniel et Emilien, on ne les verra plus jamais et c'est là toute la faiblesse du film. Pas le même humour, pas la même ambiance, ce Taxi 5 n'a de "Taxi" que le nom et rien d'autres... 

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Alex 

lundi 5 mars 2018

Critique - Black Panther [SANS SPOILERS]





Note : 4,75/5

Dans la famille du Marvel Cinematic Universe je demande le plus jeune fils ! Cela ne vous aura pas échappé, l’incroyable Black Panther réalisé par Ryan Coogler (déjà derrière la caméra de Creed : l’héritage de Rocky Balboa) constitue le 18ème long-métrage du MCU après 10 ans d’existence (ce dixième anniversaire va être marqué par l’arrivée d’Infinity War sur nos écrans le mois prochain).

Initié par Iron Man de Jon Favreau en 2008, le Marvel Cinematic Universe n’a cessé – années après années – de nous faire rêver, de nous faire rire mais aussi de nous décevoir – à notre plus grand regret. Car si cela a pu être jubilatoire pour les fans – tels que moi – de voir nos héros préférés transposés sur grand écran, cette expérience n’a pas toujours été une partie de plaisir. La qualité de certains opus étant tellement grande que les suivants ne sont pas forcément parvenus à faire mieux. C’est un peu le problème des suites, et ce n’est pas spécifiques qu’aux Marvel (fort heureusement).

Si vous êtes un temps soit peu connaisseurs de l’Univers Cinématographique Marvel, vous devez savoir que ce dernier a été divisé en plusieurs « phases ». La première commençait avec Iron Man et s’est achevée avec Avengers, la deuxième a débutée avec Iron Man 3 et s’est terminée avec Ant-Man (ne me demandez pas pourquoi, actuellement je n’en ai toujours pas compris la raison). Quant à la troisième, c’est avec l’incommensurable Captain America : Civil War qu’elle a démarrée. Avengers 4 marquera la fin de cette Phase. 
Autant vous dire que nous sommes donc en plein dedans !  Si la Phase 1 était une réussite totale, la deuxième a été décevante (hormis pour Captain America : The Winter Soldier et Iron Man 3, pour ma part du moins). En revanche, la Phase 3 est celle des surprises. Elle nous a en effet servi le somptueux Doctor Strange et le très fun Thor : Ragnarok. Que vaut donc ce Black Panther, dans une ère où les films de super-héros parviennent difficilement à se démarquer les uns des autres ?

Les derniers Marvel (de Marvel Studios, je tiens à le préciser) étaient proches de la comédie. Cela a été le cas avec Les Gardiens de la Galaxie Vol.2, Spider-Man : Homecoming et Thor : Ragnarok. C’est un genre qui correspondait parfaitement à ces films. Cependant, nous avions toutes les raisons d’avoir peur pour ce Black Panther car au vu de la personnalité de ce personnage – découvert dans Civil War –, il paraissait difficile de l’imaginer dans un univers régi par l’humour. Soyez rassurés, ce n’est pas le cas !

Un Marvel révolutionnaire




Je ne vous cache pas qu’avant d’aller voir ce film (et vu la critique qui arrive tardivement, vous vous doutez que je ne l’ai pas visionné dès sa sortie), lorsque j’ai vu qu’il faisait fureur au box-office, je pensais évidemment que cela était dû au fait qu’il s’agisse du premier véritable film de super-héros mettant en avant non pas seulement un héros noir, mais tout un peuple et – par conséquent – tout un casting… qui n’est composé que de deux blancs : Martin Freeman (l’agent Ross, déjà aperçu dans Civil War) et Andy Serkis (Klaw, aperçu dans Avengers : l’ère d’Ultron). Etant donné que Get Out – proposant un scénario dès plus original – a également cartonné grâce (mais pas que) à son acteur principal, j’imaginais qu’il en était de même pour ce film (de la même façon que Wonder Woman doit une grande partie de son succès à la mise en valeur de la gente féminine).

Alors, évidemment, je ne me suis pas totalement trompé mais si Black Panther fait un malheur au box-office c’est surtout par son originalité scénaristique, visuelle et sa prise de risque par rapport à ces prédécesseurs. Marvel a enfin compris qu’il fallait sortir de sa zone de confort pour nous proposer une œuvre qualitativement bonne ! Personnellement, en visionnant ce film je suis retourné 10 ans en arrière quand je découvrais Iron Man. Ce long-métrage offre un nouveau souffle à cette immense saga. Black Panther est synonyme de renouveau. Stark a été LE héros du MCU durant une décennie, avec T’Challa, la relève est assurée.

Une œuvre visuellement épatante, un scénario qui sort de l’ordinaire


A l’époque de Thor, la Maison des Idées avait fait très fort avec Asgard, mais là… Je ne vous dis pas la claque que l’on se prend dès qu’on arrive au Wakanda (nation africaine ultra-technologique). Je dirai que ce film est aussi bon que beau. Et ces deux adjectifs sont très importants pour cette production américaine. De mon côté, j’ai énormément apprécié toute l’introduction. Bien sûr, je ne suis pas là pour spoiler (la phrase qu’il faut tout le temps préciser pour rassurer les lecteurs, notez-le si vous voulez faire des critiques comme moi #entraide), donc je ne vais pas développer davantage. Vous devez seulement savoir que si vous êtes réfractaire à ce film parce que vous n’avez pas une connaissance approfondie de ce héros et de son univers alors pas de panique : tout vous sera expliqué très clairement (et rapide comme l’éclair) en début de film. Donc ne cherchez pas d’excuses !

Je vous ai un peu vendu le truc plus tôt dans l’article, et je le reprécise pour ceux qui auraient cru avoir mal lu, le scénario de ce Marvel sort clairement de l’ordinaire. Marvel offre un rafraîchissement total dans cette saga (comment ça quelle saga ? Celle du MCU imbécile !) qui – avons-le – avait du mal à retomber sur ces deux pattes malgré le succès flagrants des précédents volets de la firme. Après tout, Thor : Ragnarok ne doit pas son succès tant à son scénario mais plutôt à son côté décomplexé qui manquait au personnage dans les deux premiers films lui étant dédié.

Ici, Ryan Coogler a su mélanger les ingrédients parfaits pour nous offrir un long-métrage hybride, chevauchant l’aspect humoristique sans en abuser (c’est important de le dire !!!! Car l’humour n’est pas aussi poussé que dans les récentes productions Marvel). Evidemment, ce qui fait le charme de cette œuvre cinématographique est son sous-texte social fort. Black Panther est fondamentalement une allégorie de la question noire,  tout comme les X-MEN portaient en eux un sous-texte défendant la communauté homosexuelle, mais le film n’oublie pas non plus d’aborder des thématiques plus universelles et plus accessibles, comme le clanisme, la filiation ou encore le poids de l’héritage (élément primordial ici), pour ne pas perdre complètement les autres spectateurs.



Certains ont peut-être trouvé que l’intrigue était prévisible, personnellement je n’ai pas du tout pensé cela. Bien entendu, ce film reste un Marvel et certains aspects le certifie. Toujours est-il que l’intrigue n’en reste pas moins très différente des autres long-métrages consacrés aux super-héros. Pour le coup, le scénario est entièrement lié à la politique (ce qu’avait commencé à faire Captain America : The Winter Soldier d’ailleurs). Il s’agit d’une lutte de pouvoir pour un pays qui se déroule sous nos yeux. Ni plus, ni moins.  Et avant d’en arriver là, notre héros – T’Challa – va devoir prouver sa légitimité sur le trône, ô combien convoité. Pour cela, il fera face à Ulysse Klaw, Killmonger et M’Baku tout en essayant de respecter (au mieux) la tradition wakandaise.

Si ce long-métrage est à ce point révolutionnaire, c’est bien parce qu’il est le premier film de l’écurie Marvel consacré à un héros africain avec un casting à 99% afro-américain sous la coupe d’un réalisateur lui-même afro-américain. Dès lors, le film fait voler en éclats l’un des « théorèmes de Hollywood » qui avait établi une règle (non-écrite) depuis longtemps que les films dont les vedettes sont noires ne fonctionnaient pas au box-office. En plus des héroïnes, Black Panther rend un très bel hommage aux cultures africaine dans l’Amérique de Trump au travers du Black Lives Matter (NDLR : un mouvement qui milite contre les violences et le racisme) et le #MeToo (pour les victimes de violences sexuelles).

Des thématiques non-exploitées jusqu’à maintenant



Pour la première fois à l’écran, Marvel parvient à réunir les aspects sociétales, politiques, identitaires… Le tout mixé avec le côté super-héros. Dites bye bye aux invasions extra-terrestres (vue dans Avengers), les demi-dieux… Ici il sera question du racisme, de la colonisation et des violences contre les afro-américains. Ces trois thématiques, aussi importantes soient-elles, sont abordés par l’intermédiaire de Killmonger (incarné par Michael B. Jordan), personnage qui a grandi aux Etats-Unis, loin du royaume caché (et protégé) du Wakanda. Tout n’est pas parfait avec ce personnage. Killmonger aurait, en effet, mérité d’être approfondi davantage. A noter que c'est un souci récurrent chez Marvel : le traitement des antagonistes. Pourtant, celui-ci possède sans doute les motivations les plus humaines et compréhensibles possible. Son objectif n’est pas de dominer le monde comme cela a pu être le cas avec Loki. En outre, le cinéaste n’a pas souhaité prendre le même chemin que la série Black Lightning (diffusée sur Netflix) où l’on voit le héros maltraité notamment à cause de sa couleur de peau. Coogler en donne simplement l’image au public par le biais du discours de Killmonger. Bien que cet antagoniste méritait plus d’approfondissement, l’intention de Coogler est louable. D’autant plus qu’il a réussi à changer les codes en agissant de la sorte.

A l’heure où j’écris ces lignes, l’adaptation cinématographique des aventures du premier super-héros noir continue de pulvériser tous les records, confortablement installé à la première place du box-office. Il est – à ce jour – le deuxième plus grand succès de Marvel en se plaçant juste derrière Avengers. Si ce long-métrage parvient à surpasser le film de Joss Whedon (il y a de grandes chances pour que cela arrive), Black Panther pourrait continuer sa course et espérer battre Jurassic World ou encore – voyons les choses en grand – Titanic.

Sans nul doute que ce film marquera l’histoire (une grande fierté pour un film de super-héros). Black Panther est la preuve que les choses évoluent et ce, dans une Amérique où le racisme prédomine. Un héros noir qui conquis la planète, un roi wakandais qui devient celui d’Hollywood.
 Breeeeef, pour conclure (parce que oui, ça en fait déjà beaucoup des lignes) Black Panther est sans le moindre doute l'un des meilleurs opus du Marvel Cinematic Universe avec Iron Man et Avengers. Marvel Studios a su innover en proposant une oeuvre rafraîchissante, dans l'ère du temps. Vivement Infinity War...

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Alex 

vendredi 6 octobre 2017

Blade Runner : une dystopie qui pose un questionnement fondamental



Non vous ne rêvez pas, le sujet de cet article est bien Blade Runner, ce classique de la science-fiction réalisé par Ridley Scott avec Harrison Ford, adapté de la nouvelle « Les androïdes rêvent-il de moutons électriques ? » de Philip K. Dick.

Si tu es un fan inconditionnel de science-fiction tu as certainement déjà vu ce film ! *Euh Alex, je te signale que tu es un fan inconditionnel de science-fiction et que tu as vu ce film il y a tout juste quelques jours...* Si ce n’est pas le cas, je vous invite quand même à poursuivre votre lecture … Sinon personne ne va me lire #solitude…

Il ne s’agira pas de critiquer tant le film en lui-même mais plutôt d’analyser les questionnements qui en ressortent. Blade Runner est incontestablement devenu un chef d’œuvre dans le genre et il serait plutôt incongru de lui trouver des défauts tant la réflexion apportée est forte. Il convient donc de faire un résumé rapide, suivi d’une critique globale avant d’attaquer la théorie qui subsiste sur le protagoniste principal.

Concrètement, Blade Runner c’est quoi ?


C’est un film de science-fiction (*sans blague ?*) réalisé par Ridley Scott (à qui l’on doit Aliens) sorti en 1982. Le métrage est situé à Los Angeles en 2019 et met en scène le personnage de Rick Deckard, incarné par Harrison Ford, un ancien « Blade Runner » qui se voit contraint de reprendre du service pour traquer un groupe de Réplicants, des androïdes crées à l’image de l’Homme, mené par un personnage énigmatique : Roy Batty.

Un « Blade Runner » est le nom que l’on donne à cette branche particulière de la police chargée de traquer et de tuer les Réplicants. Si Deckard est forcé de sortir de sa retraite c’est parce qu’il s’agit du meilleur « Blade Runner » et qu’il est le seul à pouvoir traquer les 4 Réplicants illégalement arrivés sur Terre. D’ailleurs, ces derniers ressemblent davantage à des clones plutôt qu’à des « robots ».  La particularité d’un Réplicant c’est qu’il ne possède pas la faculté d’empathie propre à l’être humain. Il possède en revanche des souvenirs artificiels génériques ou bien issus de personnes réels ; ce qui lui donne l’illusion d’existence. Les « Blade Runner » ont un outil leur permettant de déceler ce manque d’empathie : le test Void-Khamph.


Les différentes versions du film


À ce jour, il existe plusieurs versions différentes du film. La version initiale de 82 est un échec commercial aux Etats-Unis. Ce n’est qu’avec la sortie du « director’s cut » (approuvée par Ridley Scott lui-même) en 1992 que la réputation du film s’améliore. C’est cette version là que j’ai visionné. J’en parlerai en détail plus bas, mais c’est notamment cette version qui instaure le doute sur la véritable identité de Deckard, renforçant davantage la thématique principale du film : le questionnement sur notre humanité. Et enfin, une dernière version a vu le jour en 2007 qui ne change pas beaucoup du « director’s cut » (d’après ce que j’ai compris) mis à part les effets spéciaux qui sont retravaillés, à l’instar de Georges Lucas avec la trilogie originale Star Wars.

L’œuvre est-elle à la hauteur de sa réputation ?


Je serais tenté de dire oui, et je vais vous dire pourquoi. Blade Runner mêle science-fiction et film noir sous un fond d'enquête policière. Force est de constater que ce film est une réussite totale avec en prime, une fin dubitative. Je n’ai jamais vu une œuvre de science-fiction pareille. Ridley Scott a instauré un style à la fois épuré mais imposant accompagné par une direction artistique en totale adéquation avec une intrigue qui maintien le spectateur jusqu’à la fin. Le cinéaste a mis en place un univers avec ses propres codes de façon perceptibleL’esthétisme est d’une beauté sans équivoque ! La plupart des plans sont marquants. Ce monde futuriste, de par les diverses façons dont il nous est montré, ne nous donne pas vraiment envie d’y vivre. Un sentiment de malaise s’installe quand on voit ce que la société est (dans la logique du film) devenu. On retrouve un côté très sombre qui est omniprésent avec un coloris qui tire beaucoup vers le bleu. La particularité du long-métrage c’est qu’il faut adhérer au style proposé. Il ne s’agit pas d’un film de SF mainstream. Ici, si tu n’accroches pas tu risques de laisser tomber avant la fin. Personnellement, j’ai mis un certain temps avant d’entrer pleinement dans le film.

Une intrigue longue à se mettre en place



Alors peut-être que ce n’est que mon avis mais j’ai trouvé que le film met du temps avant de réellement démarrer. C’est sans doute pour cela que je ne suis pas immédiatement rentré dedans. La première heure m’a paru soporifique mais avec du recul, elle semble nécessaire au vu de la complexité du scénario. À mon sens, cette longueur est le seul défaut du film. Certes elle est primordiale mais le risque de perdre l’attention du spectateur est grand. Evidemment, on peut supposer que le public auquel le film s’adresse est ciblé. Comme je l’ai dit en employant le terme « mainstream », il n’est pas fait pour plaire à un plus grand nombre. Autant ceux qui ne sont pas spécialement fans de SF peuvent apprécier quelques fictions issues de ce genre ; autant pour ce film, il faut vraiment aimer ce genre-là. L’intention artistique du réalisateur se ressent lors du visionnage de l’œuvre. Il n’y a donc aucun fossé entre l’objectif du cinéaste et le produit final.

Je ne veux pas faire de généralité, mais un grand nombre de films actuels ont un objectif purement commercial. Pour être vendeur beaucoup de codes y sont rattachés, dont le surplus d’action. Du coup, si l’intrigue m’a paru longue cela peut s’expliquer du fait que je suis (trop) habitué aux films contemporains où l’histoire évolue à un rythme effréné. On nous a habitué à des codes cinématographiques précis que l’on a du mal à intégrer des codes qui ne nous sont pas familiers. Cependant si je replace le film dans son contexte d’origine, il est peut-être malvenu de dire que le film paraît long. Toutefois, cet aspect-là mérite d’être critiqué puisque je suis obligé, d’une certaine façon, de comparer avec « l’univers » cinématographique dans lequel j’ai grandi et évolué.

 Un scénario aussi beau que l’esthétisme du film


Le scénario brille par sa virtuosité et son habilité à concilier l’intrigue principal avec les questionnements qui l’accompagne. Bien sûr, l’histoire va de pair avec les thématiques traitées. Finalement, ce qui compte ce n’est pas tant l’enquête policière en elle-même mais tout ce qu’elle suggère derrière.  Ce qui est dommage par contre c'est qu'on connaît l'histoire avant même Rick Deckard. Du coup, ça retire tout l'intérêt de l'enquête car nous ne sommes pas surpris lorsqu'il découvre des éléments. Plus nous avançons dans l’histoire, plus celle-ci se complexifie. Le dernier acte semble très bizarre à première vue, mais le discours que tient le dernier androïde, Roy, avant sa mort est doué de sens.



C’est typiquement le genre de film où il ne se passe pas grand-chose à l’écran mais en fait si… C’est compliqué à expliquer mais disons que tout passe par des éléments subtils et discrets. Ne cherchez pas l’action ici : ce film est avant tout contemplatif.


L’univers établi dépasse l’œuvre




Si vous avez vu le film je pense que vous serez d’accord avec ça : le principal ressenti que l’on a après avoir vu Blade Runner c’est que l’univers établi par Ridley Scott est cohérent et dépasse l’œuvre en elle-même. Vous me suivez toujours ? C’est-à-dire que l'on a l’intime sensation que les décors ont une histoire et qu’ils ont quelque chose à transmettre, quelque chose à dire. Les décors jouent un rôle essentiel dans ce métrage.


Bien plus qu'un film culte, c'est devenu un modèle





Bon, il faut admettre que même si quelques effets spéciaux semblent "dépassés" le film a plutôt bien vieilli. Pour moi, il s'agit d'une science-fiction qui sait se démarquer grâce à son authenticité. En aucun cas on ne retrouve des éléments similaires dans d’autres films de science-fiction. L’univers mis en place ici est interne à cette œuvre de SF avec sa propre technologie. Là où Minority Report est impersonnel dans la vision esthétique de son univers, ici Ridley Scott livre sa propre vision faisant de ce film à la fois quelque chose de personnel et d’unique. Cette oeuvre a été une véritable source d'inspiration pour de nombreux créateurs. Pour donner un exemple, tout l'univers et l'atmosphère de Ghost in the Shell est largement inspiré de ce film-ci.
Il ne faut d’ailleurs pas oublier que Blade Runner est l’un des précurseurs des œuvres de SF au cinéma. Si aujourd’hui cela est courant de voir des voitures volantes ou des mégalopoles noires dans des films futuristes, c’est pourtant celui-ci qui a initié le phénomène. Visuellement, Blade Runner a marqué l’ensemble de la science-fiction.

Une thématique complexe et visionnaire


 La thématique principale du film est forte, réflexive et visionnaire. Non seulement Blade Runner est le précurseur dans le genre, mais il l’est aussi de par le thème fondamental. En effet, rappelez-vous que nous sommes en 82 et qu'il était rare à l’époque de retrouver ce genre de questionnement dans d’autres œuvres cinématographiques. Qu’est-ce qu’être humain ? Où sont les limites de notre humanité ? Comment différencier les humains des androïdes quand eux-mêmes ne connaissent pas leurs origines (comme Rachel) ? Voilà de quoi il est question ici. Pour ma part c’est le questionnement sur « qu’est-ce qui définit l’humain ? » qui m’a interpellé. Le fameux « je pense donc je suis » fait-il de nous un être humain ? La question mérite d’être posée. L’un des androïdes emploi cette citation de Descartes à un moment donné pour justifier le fait qu’ils ne doivent pas être considérés comme des machines à partir du moment où ils sont capables de penser et d’adopter des comportements humains. Ce film nous offre une vision délibérément pessimiste de l'avenir imprégné de la paranoïa et d'androïdes plus humains que les humains, plus parfaits mais persécutés.  
Aujourd’hui, nous ne sommes pas si loin de cette fiction avec les prouesses technologiques actuelles.

Un pilier dans la science-fiction  


 L’œuvre est-elle à la hauteur de sa réputation ? La réponse est oui. C’est un pilier dans la SF et je comprends tout à fait pourquoi. Bien qu’il subsiste certaines similitudes avec Minority Report (qui est également adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick), celui-ci marque par son unicité, son casting ainsi que par son scénario habilement écrit et retranscrit avec brio par le réalisateur. Certains éléments de cette dystopie vont vous paraître étrange voire même incompréhensible (c’est l’effet que ça m’a fait) et je pense que c’est voulu. Le film ne nous apporte pas les réponses que nous attendions… Du moins, pas explicitement. À la manière d’un Inception, cette œuvre cinématographique sème divers indices à différents moments du film et c’est à nous de reconstituer le puzzle. Plusieurs hypothèses sont alors possibles, dont une en particulier sur le protagoniste principal. À noter que le deuxième opus – Blade Runner 2049 – sorti tout récemment, apporte peut-être des réponses à nos interrogations.



En ce qui me concerne, cette œuvre fictionnelle est une réussite absolue : un univers suffisamment développé avec un esthétisme cohérent, une bande-originale envoûtante qui nous transporte dans ce monde futuriste et un Harrison Ford qui correspond tout au fait au rôle. Je tiens à souligner le risque pour cet acteur d’accepter ce rôle après le succès connu dans les rôles de Han Solo (Star Wars) et d’Indiana Jones (Les Aventuriers de l’Arche Perdu).

L’aspect réflexif du métrage est fondé. Aujourd’hui, ce genre de questionnement sur « qu’est-ce qu’être humain ? » nous paraît anodin au vu des nombreuses œuvres qui, récemment encore, ont traités ce thème. Néanmoins, Blade Runner reste l’un des premiers films à avoir abordé ce questionnement à une époque où la technologie n’était pas aussi avancée qu’aujourd’hui. En cela, Ridley Scott et – surtout – Philip K. Dick étaient visionnaires. À noter évidemment que là où Blade Runner brille, c’est par les réflexions qui sont apportées sur l’humanité. Elles sont justes et nous laissent envisager des conséquences irréversibles. D’autres films n'abordent pas ces thèmes avec autant de sérieux, la finalité étant simplement distractive. Blade Runner n’est pas un divertissement, soyez en sûr.

En somme, c'est une oeuvre visuellement somptueuse qui dépeint un univers sombre et apocalyptique peuplé de personnages complexes. Blade Runner allie avec élégance grand spectacle et émotion.


Note : 4/5 (eh oui, pour une fois je met la note à la fin histoire de maintenir le suspens !)


Rick Deckard est-il un Réplicant ?


La grande question que l’on se pose à la fin du film est celle de la nature de Deckard. Souvenez-vous, j’ai dit un peu plus haut que Rachel n’avait pas conscience qu’elle est en réalité une Réplicante. Si c’est le cas pour elle, se pourrait-il qu’il en soit de même pour Deckard ? Il convient que la question est légitime, d’autant plus qu’il n’est jamais dit que Deckard ait été soumis au test Void-Khamph.


En fin de compte, la question de l’existentialisme va au-delà des Réplicants mais s’étend sur Deckard lui-même lorsqu’il s’interroge sur sa propre identité. Et c’est là que réside toute l’intelligence du scénario : à aucun moment nous n’avons de réponse à cette question, seulement des indices qui tentent de nous guider, de nous faire suggérer.  

Dans la version de 92, celle à laquelle je m’intéresse ici, on apprend donc que l’image de la licorne est l’une des images artificielles générées pour les Réplicants. Et il se trouve qu’à un moment donné du film, Deckard rêve d’une licorne. Dès lors, le regard que l’on porte sur ce personnage commence à être bouleversé
Ce bouleversement est accentué davantage avec l’origami de Gaff (un « Blade Runner » à la retraite qui suit de très près l’enquête de Deckard). Ce retraité s’exprime de manière originale puisqu’il communique au moyen d’origami. À la fin lorsque Deckard s’enfuie avec Rachel, il trouve à son domicile un origami de licorne… Le cinéaste insiste bien (via des gros plans) sur les origami produit par Gaff à différent moment du film... 
Nul doute que celui en forme de licorne ait également été produit par lui. Mais comment Gaff saurait que Deckard rêve de licorne ? La réponse est évidente : Gaff sait que Deckard est un Réplicant et il sait que les Réplicants rêvent de licornes. Ce qui est prouvé par le rêve de Deckard !



Si cette théorie semble plausible il y a tout de même un élément majeur qui la contredit : la présence de Rick Deckard dans Blade Runner 2049, se déroulant 30 ans après ce film. Or, on apprend dans Blade Runner qu’un Réplicant à une durée de vie de 4 ans. S’il s’avère que Deckard en est vraiment un, comment aurait-il pu vivre plus de 30 ans ? 

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Alex