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lundi 12 juin 2017

Under The Dome : Réussite ou échec ?

Under The Dome, série télévisée créée par Brian K. Vaughan – adaptée du roman « Dôme » de Stephen King – diffusée entre 2013 et 2015 laisse un goût d’amertume auprès des téléspectateurs. En effet, un clivage fort s’est installé entre le début et la fin de la série. Under The Dome, entre l’originalité de son intrigue et le plantage total dans la mise en place de celle-ci, présente un paradoxe que nous allons voir ensemble.


Portée essentiellement par Mike Vogel (Dale « Barbie » Barbara), Rachelle Lefèvre (Julia Shumway) et Dean Norris (James « Big Jim » Rennie) la série – s’apparentant aux genres science-fiction, thriller et drame – conte l’histoire d’une ville, Chester’s Mill, dans laquelle un dôme invisible apparaît soudainement en englobant la ville entière. Les habitants sont alors pris au piège. Plus personnes ne peut en sortir ni y rentrer.  Ils vont alors devoir se soutenir mutuellement pour traverser cette épreuve. Mais l'isolement du monde extérieur va mettre à rude épreuve la communauté.

Pour avoir (presque) terminé la lecture du livre, il faut savoir que la trame d’origine est à peu près la même – du moins pour la première saison. Mais la série a pris énormément de libertés par rapport à l’œuvre originale, rien que pour le traitement des personnages qui est totalement différent d’un support à l’autre.

La première chose qui me vient à l’esprit quand je pense à cette série, c’est le mot d’ordre inculqué par l’histoire – déclinée sur trois saisons : servir la communauté. Ainsi, pour ceux qui ne l’auraient pas forcément saisi, le message délivré par cette série télévisée est une métaphore de notre société par ces travers les plus fondamentaux et inconscients dans nos mœurs. La ville concentrationnaire, les « moutons » (si je puis dire) lobotomisés, l’asservissement inconscient et le contrôle des esprits... La science-fiction est avant tout l’art de présenter la réalité sous sa forme la plus onirique et subtile. Cette série – et ce, malgré les critiques – reste tout de même marquée par l’empreinte du grand Stephen King, son créateur littéraire. Son œuvre regorge d’un certain nombre de détails, de signes et de symboles religieux tels que la fin du monde, le fléau humain ou encore le jugement dernier. Tout nous ramène à une seule et unique chose : l’instinct de survie. Je pense que ce thème est flagrant, nous y avons affaire dès le pilote. Que nous croyions ou non aux extraterrestres est un autre discours, qui est pourtant d’actualité. La trame globale se sert en l’occurrence de cette autre forme de vie pour monter les humains les uns contre les autres. Et ceci est vraiment bien amené. 

Entre l’implication pour le moins mystérieuse de l’armée et les magouilles intra-muros, un tas de questions se soulèvent dès le départ. Malheureusement pour nous, nous n’aurons pas forcément toutes les réponses. Au final, tout repose sur une succession de personnages, respectivement construits autour d’énigmes et de secrets personnels. Evidemment, de lourds passés se devinent, tandis que les personnalités profondes se révèlent sous les dures lois de l’isolement. Il s’agit là du principe même de la trame : révéler le vrai visage des habitants de la ville. On peut considérer Under The Dome comme un pur miroir de notre société. Certains individus se font passer pour des gentils et révèlent leurs véritables visages que lorsqu’ils sont au bord du gouffre, mettant en lumières leurs intentions ultimes. 

Dans la série, les places de chaque entité se dévoilent peu à peu comme des évidences, à travers des personnages malheureusement trop stéréotypés à la sauce hollywoodienne. Dale « Barbie » Barbara, Julia Shumway, « Big Jim » Rennie, James « Junior » Rennie… Les principales figures emblématiques sont de vraies caricatures américaines pure souche. Le traitement de ces protagonistes aurait pu être davantage intéressant, s’ils n’étaient pas aussi banales. Entre le sauveur du monde athlétique et inébranlable, la bimbo rousse dévouée et intrépide, l’homme de pouvoir véreux et influent, ou encore le gentil toutou qui ne sait jamais sur quel pied danser (j’avoue que le personnage de Junior est le plus lassant à la longue – son personnage n’évoluant presque jamais), le confinement du dôme révèle autant le meilleur que le pire du genre humain. La dualité de l’entraide et de l’appât du gain. Quoi qu’il en soit, le concept est tout sauf inintéressant, et je pèse mes mots. C’est exactement ce que l’on vit au quotidien sans forcément le conscientiser. En cela, Under The Dome – ou plus exactement l’œuvre littéraire de King, Dômerelève du génie. Mais – car il y a toujours un mais – au milieu des bonnes idées se cache un bémol de taille qui a contribué, d’une certaine façon, à l’échec de la série – qui possédait pourtant un énorme potentiel. Hormis le degré qualitatif beaucoup trop mal bâti au fil des trois saisons, on concentre nos espoirs en misant sur un twist final d’envergure, où toute cette succession d’événements, ces personnages, et cet enchaînement de questionnement trouveraient une solide cohésion. Pourtant, à deux épisodes de la fin on se dit que le manque de budget – et peut être aussi d’inspiration – a fait son œuvre. Les réponses que l’on attend se délayent dans un effroyable fouillis artistique, laissant au final une pléiade de points fondamentaux en suspens. La déception est au bout du tunnel. Ceci est bien dommage car malgré la déshumanisation des personnages et les pertes successives (on peut aussi parler de génocide – cela étant certainement une source d’inspiration pour l’auteur), on commençait à se raccrocher à quelque chose.

Concernant mon opinion personnelle, j’ai été entièrement satisfait par la première saison qui proposait de grandes choses pour la suite. À mon grand désarroi, les scénaristes ont pris une route totalement différente pour les deux saisons suivantes, donnant l’impression de ne pas avoir affaire à la même série. L’aspect « êtres de l’espace » de la dernière saison retire le peu de crédibilité qu’il restait à Under The Dome. La troisième saison est une déception totale, tant sur le fond que sur la forme. En outre, la dernière saison est celle qui nécessite le plus d’effets visuels. Mais le manque de budget se fait sentir et nous sort de l’intrigue. Autant cela ne se faisait pas trop remarquer dans les deux premières saisons, autant dans la dernière le manque de moyen est visible et – paradoxalement – risible. Quant à l’histoire, elle devient ridicule à partir du moment où Barbie a une liaison avec Eva et que ces derniers engendrent une fille mi-humaine mi-alien. Je pense qu’à partir de cet instant, je n’attendais plus grand-chose de la série. Bien que les saisons une et deux avaient une certaine logique, la troisième est vraiment parti dans un autre délire. L'histoire du dôme fait l’effet d’un cheveu sur la soupe.

En fin de compte, on peut parler d’un « paradoxe » Under The Dome car la série propose de bonnes idées mais penche beaucoup trop souvent vers la maladresse et le what the fuck total. Certaines idées auraient eu le mérite d’être développées davantage et d’autres auraient mieux fait de ne jamais être abordées. Les scénaristes ont fait l’erreur de s’éloigner du bouquin. Cela explique la qualité convenable de la première saison et la déception face aux deux suivantes. J’ai été très déçu par la fin que je qualifierai d’expéditive. A noter qu’il devait y avoir une quatrième (et éventuellement une cinquième) saison mais cette dernière a été annulée à cause de la faible audience de la saison 3. Cela est compréhensible. Malgré tout je n'étais pas contre une suite, à condition qu’elle ait une bonne intrigue. Peut-être en referont-ils une dans quelques années, bien qu’en j’en sois moyennement convaincu.

Réussite ou échec ? Un peu des deux. Under The Dome est avant tout une série mitigée, avec son pesant de choses à prendre et de divertissement immodéré.

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Alex 

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