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vendredi 12 octobre 2018

Rétrospective [PARTIE 1] - Trilogie X-MEN



Après un long moment d’absence, me voilà de retour ! Et pour marquer le coup, j’ai décidé de m’attaquer à une franchise qui compte à son bord pas moins de neuf films (je ne prends pas en compte les deux volets sur Deadpool qui ne feront pas l’objet de cette rétrospective) : X-MEN. Considérez ce récap' comme un dossier, celui-ci se manifestera par plusieurs petits articles qui forment un tout. Ainsi, la première partie de cette rétrospective sera consacré à la première trilogie qui – comme son nom l’indique – est composée des trois premiers volets, sortis respectivement entre 2000 et 2006. Dans ce dossier il sera question d’aborder les thèmes sociétaux que la franchise tente de mettre en avant, les problèmes que rencontre la saga au fil des épisodes et il sera surtout question de traiter de son évolution (est-elle bonne ? mauvaise ? Pour quelle(s) raison(s) ?).

Avant toute chose, j’aimerai dire que ce qui est particulièrement intéressant avec cette saga, au-delà de toute considération esthétique, c’est combien ces films sont représentatifs de l’inventivité et de la richesse de tout un pan de la production hollywoodienne. En effet, alors même que beaucoup ne voient dans le cinéma commercial américain qu’un « mauvais objet culturel » abrutissant et sans intérêt, il me semble que des œuvres comme les X-Men expriment justement bien la complexité d’un grand nombre de ces films qui, derrière leur apparence de blockbusters et de divertissement un peu simplistes, n’en demeurent pas moins de passionnantes réflexions sur les questions sociopolitiques qui agitent nos sociétés. Les X-Men, au-delà de leur dimension spectaculaire et distrayante, proposent en effet une réflexion très pertinente sur la question de l’Autre dans la société d’aujourd’hui, mais aussi une nouvelle façon d’aborder la question de l’altérité dans le cinéma hollywoodien – ce que peu de spectateurs ont su voir. 

Dès lors, il me semble pertinent de commencer à analyser cette franchise par ordre chronologique des sorties de films. Commençons donc !


X-MEN, ça parle de quoi ?


L’action du premier opus se déroule à New York et met en scène un monde semblable au nôtre mais situé dans un avenir proche, dans lequel existent des Mutants, c’est-à-dire des êtres en apparence humaines mais dotés de super-pouvoirs. Le Sénateur Kelly, un homme politique visiblement raciste, veut faire adopter une loi visant à ficher et à contrôler les Mutants dont une part croissante de la population humaine se méfie de plus en plus. Face à cette répression grandissante, les Mutants adoptent deux positions antagonistes : Magneto, rescapé des camps d’extermination nazis étant enfant, voit dans cette loi – qui lui en rappelle une autre – une menace sérieuse pour les Mutants qu’il considère comme l’avenir du monde. Il décide donc de mener une guerre sans merci contre Kelly et les humains. Face à lui, son vieil ami, le professeur Xavier, tente lui d’apaiser les choses et de promouvoir une collaboration harmonieuse entre Mutants et humains. Il a créé pour cela une école spécialisée pour « surdoués » (en fait, pour Mutants) et une équipe de choc, les X-Men, pour contrecarrer les plans de Magneto.

X-Men 2 fonctionne considérablement sur le même schéma scénaristique puisqu’un humain du nom de Stryker veut à son tour exterminer tous les Mutants auxquels il voue une haine féroce. Pour le combattre Xavier et Magneto vont momentanément faire alliance. Enfin, dans le troisième opus, X-Men l’affrontement final, qui se déroule essentiellement à San Francisco, les humains ont mis au point un remède permettant aux Mutants de devenir « normaux » ce qui déclenche la fureur de Magneto et une guerre féroce entre sa confrérie de Mutants suprématistes et les humains aidés des X-Men.


Rien qu’avec la lecture de ces synopsis, on devine très rapidement que ce qui fait la richesse de ces films, c’est qu’ils réutilisent tous les grands thèmes liés à l’altérité : la question juive, l’homosexualité (je reviendrai dessus un peu plus tard), le problème noir, le regard que l’on porte sur les handicapés physiques, sur les malades du sida, ou encore sur les étrangers. Avec une certaine habileté, les auteurs ont opéré une sorte de mélange pour signifier la différence des Mutants et rendre leur vécu si consistant. Autrement dit, les Mutants des X-Men renverront pour chacun de nous à une forme d’altérité – l’homosexualité pour les uns, l’altérité raciale pour les autres – qui dévoilera un sous-texte totalement cohérent. Je tiens également à ajouter que c’est ce sous-texte intelligemment utilisé qui m’a fait apprécier cette franchise. 

En visionnant de nouveau les films (dans l’optique de rédiger ce dossier), j’ai remarqué une chose qui ne m’avait pas sauté aux yeux auparavant – bien que cela semble limpide une fois que nous l’observons : l’opposition entre Magneto, le radical, et Xavier, le modéré, fait évidemment référence à l’opposition entre Malcolm X et Martin Luther King. Bien sûr, pour éviter de dire des bêtises je me suis tout de même renseigné sur le comics et il se trouve que la BD est parue en 1963, quelques jours avant la grande Marche sur Washington qui symbolise l’apothéose de la lutte pour les droits civiques. Il ne fait aucun doute que les auteurs – Stan Lee et Jack Kirby – se sont inspirés de l’actualité politique du moment. Ainsi Magneto, qui considère les Mutants comme une race supérieure, préconise le recours à la violence contre les humains-oppresseurs tandis que le professeur Xavier, pacifiste et humaniste, encourage, lui, la coopération et l’entente cordiale avec les humains. Par ailleurs, nombreuses sont les autres allusions à l’histoire des Noirs américains ; par exemple X2 s’ouvre sur une scène durant laquelle un guide promène des visiteurs dans la Maison Blanche puis s’arrête devant le portrait de Lincoln avant de réciter un extrait de son discours inaugural prononcé en 1860 à la veille de la guerre civile. Quelques secondes plus tard, un plan nous montre l’effigie de Kennedy devant lequel apparaît un Mutant téléporteur qui va tenter d’assassiner le président des Etats-Unis au cri de ralliement « Mutant freedom now », qui rappelle l’un des mots d’ordre de la lutte pour les droits civiques.

Au sein de ces trois films, nous retrouvons également une autre référence – tout aussi explicite : l’antisémitisme et, par extension, la Shoah. Le premier opus de la trilogie s’ouvre en effet sur une scène de déportation située en Pologne en 1944. C’est là que Magneto, enfant, découvre son pouvoir, celui de déplacer les métaux par la pensée. Aussi, l’ombre de l’extermination des Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale sera au cœur de la saga. Par exemple quand le sénateur Kelly ou William Stryker projettent de localiser et de ficher tous les Mutants, on ne peut s’empêcher de penser aux mesures juives prises sous l’Occupation et au port de l’étoile jaune. D’ailleurs toute la haine de Magneto pour la race humaine vient de ce qu’il n’a pas pardonné aux humains (ou plutôt aux nazis) d’avoir déporté et assassiné ses parents. Cela n’est jamais vraiment dit, mais toujours suggéré. Dans le troisième volet par exemple, il évoque, devant une foule de Mutants en colère, le sort que les humains leur réservent en employant des termes comme « rafles » et « génocide » avant de découvrir son avant-bras sur lequel est tatoué un numéro de déporté. D’autres moments viendront nous rappeler ce moment tragique de l’Histoire des Hommes : quand on apprend par exemple qu’il a effectué des expériences médicales sur les Mutants (en premier lieu sur son fils mais aussi sur Wolverine) qui rappellent là encore les expériences faites par des médecins nazis sur les prisonniers juifs. Que ce soit Kelly ou Stryker, les deux « grands méchants » de Singer nous sont dépeints comme des racistes étroitement proches des fascistes.

A noter également que l’altérité des Mutants est souvent associée à celle des homosexuels. La scène la plus explicite est celle du « coming out » de Bobby (Iceberg) dans X2 et à la réaction embarrassée de sa famille : sa mère, mal à l’aise et maladroite, qui lui demande : « tu as essayé de ne pas être un mutant ? » tandis que son frère s’empresse d’appeler la police.



Il est d’ailleurs intéressant de constater que c’est à l’adolescence que les sujets prennent conscience de leur pouvoir et de leur identité de Mutant. Or, ce qui définit l’adolescence c’est précisément l’éveil à la sexualité et la transformation du corps qui l’accompagne. Dans X-Men l’affrontement final, l’allusion crypto-gay est encore plus flagrante à travers le personnage de Warren (Angel) qui découvre adolescent sa nature de Mutant (via les ailes naissantes qui lui poussent dans le dos) et refuse sa différence de peur de décevoir ses parents (il se les arrache en cachette dans la salle de bain). Par la suite il prendra littéralement son « envol » du nid familial pour assumer pleinement son identité de Mutant.

D’autres métaphores peuvent par ailleurs être repérées par-ci par-là, comme les références à la maladie (avec le « remède » de X3) et plus particulièrement au sida (Malicia qui tue en embrassant ses petits copains), références encore aux étrangers (Kurt Wagner et son fort accent allemand) ou aux handicapés (Xavier est paraplégique, Cyclope est aveuglé sans ses lunettes). 

Nous l’avons vu, les « vrais méchants » ici ce sont les humains, les gens « normaux » dépeints comme des intolérants (manifestations anti-Mutants à la télé, parents incompréhensifs au point de détruire leurs enfants, politicards proto-fascistes). Certains sont même foncièrement détestables (Kelly, Stryker), davantage encore, que l’antagoniste principal de la trilogie : Magneto. Et c’est là que le discours s’avère plus nuancé qu’il n’y paraît. Singer semble fasciné, autant que nous, par la figure de Magneto qui a de très bonnes raisons d’en vouloir à la terre entière. D’ailleurs il n’a pas toujours tort de se méfier comme de la peste des humains. Rappelons aussi que Xavier et lui se respectent profondément et se considèrent toujours, malgré leurs différents, comme de « vieux amis ». Ils luttent tous deux pour les droits des Mutants et illustrent en fait les deux facettes d’une même pièce, incarnant deux stratégies plus ou moins efficaces selon les circonstances.


Voilà pour la partie analyse. Venons-en maintenant à l’aspect critique : qui sera beaucoup moins longue, rassurez-vous.

Beaucoup jugent le troisième volet mauvais, à tort ou à raison. La force des deux premiers opus est qu’ils étaient des blockbusters déguisés en films d’auteur. Evidemment l’action était présente, mais X-Men et X2 mettaient en avant tous les éléments que nous avons traité plus tôt, illustrant la discrimination des humains vis-à-vis des mutants et la lutte de ces derniers, divisés en deux factions, les X-Men d’un côté et la Confrérie des Mutants de l’autre. Mais avec X-Men 3, et vous ne pouvez qu’être d’accord, le cinéaste – Brett Ratner – n’a aucunement eu l’intention de faire transparaître un quelconque propos au travers de son film. 

Là où Singer marquait ses films de sa patte d’auteur, Ratner s’impose en faiseur sans thématique ni esthétique particulière. En ce qui concerne la très grande majorité du film, le réalisateur s’efface derrière l’esthétique instaurée par son prédécesseur. Il s’efface également derrière le travail établi dans le matériau originel. Effectivement, ce dernier opus est sans doute celui qui puise le plus dans sa source. Qu’il s’agisse d’arcs scénaristiques connus (Dark Phoenix, le remède contre le gène mutant, la perte des pouvoirs de certains protagonistes) ou bien de clins d’œil (la Salle des Dangers, pour ne citer qu’elle), tout provient de la BD. X-Men 3 tente – maladroitement – la double tâche de boucler toutes les pistes ouvertes par les précédents volets et de glisser toutes les références manquantes. D’un point de vue narratif, le film se situe quelque part entre les deux opus. A l’image d’X-Men, il est relativement court et s'aventure sur quelques chemins qui auraient mérité d’être explorés plus avant, tout en laissant l'action guider l'histoire, comme le faisait X2. N’ayant jamais su quoi faire de son personnage, la franchise victimise une fois de plus ce pauvre Cyclope qui aurait pourtant pu voir son rôle enfin exploité si le Phénix avait bénéficié d’un film à lui tout seul. X-Men – L’Affrontement final veut trop en faire en étant forcé dans sa place, limitée, de dernier épisode de la trilogie.


X-Men : L'affrontement final est trop plein et trop vide, trop ambitieux et trop grossier à la fois. La première cause est évidente : entremêler les arcs du Phénix noir et du vaccin est un choix discutable, la métamorphose de Jean Grey étant un moment grandiose et adoré par les fans. Vous l’aurez constaté, le film n'arrive pas à trouver un équilibre entre les deux intrigues, et n'hésite pas à simplifier pour rafistoler le scénario. Scénario qui prend en plus la peine de mener des intrigues parallèles encombrantes, comme le triangle amoureux avec Malicia, Kitty et Bobby.  Les personnages ont aussi souffert dans ce film, à l'exception d'un Wolverine si présent (et bien trop sage) qu'on croirait être dans un film solo avec les autres X-Men en figurants. Cyclope est évacué bien vite, le Fléau est ridicule, et Angel totalement anecdotique. De manière plus générale, le film manque clairement d’une réelle identité. Que Bryan Singer reprenne la main sur Days of Future Past (sur lequel nous reviendrons dans une autre partie de ce dossier) où il efface lui aussi des personnages iconiques, ne mettra que mieux en valeur l'incapacité de Ratner à aimer et rendre justice au matériau.

Pour ma part, il s'agit de l'opus que j'apprécie le moins. Mais tout n'est pas à jeter dans ce film, loin de là. En effet, bien que l'action ai été bien plus mis en avant au profit du scénario, L'affrontement final propose certaines choses assez osées et plaisantes à voir dans un film de super-héros. Car oui, enfin nous avons l'un des protagonistes principaux assassiné de sang-froid. Le « meurtre » du Professeur X est inattendu, violent et est essentiel pour la suite du scénario. Je me souviens avoir été particulièrement choqué par cette scène tant je ne m'y attendais pas. Pour moi, aucun héros ne pouvait mourir. Ce film manque d'identité comme j'ai pu le dire, mais concernant cette scène-là, tout est parfait : la tension, la musique, les effets visuels, le montage parallèle entre les combats de Wolverine et Tornade contre deux des mutants de la Confrérie de Magneto... Cette scène est LA scène du film et il mérite d'être visionné rien que pour cela. 
La chose que je regrette par contre, c'est que cette mort n'aura finalement servi à rien puisque dans la suite de la franchise, Charles Xavier sera à nouveau en vie et, tenez-vous bien, sans aucune explication. J'en parlerai plus en détails dans la suite de ce dossier (lorsque nous en arriverons à Days of Future Past) mais ce qui me désole c'est que les œuvres de cette saga semblent davantage appartenir au public plutôt qu'aux réalisateurs, scénaristes et consorts. Cet opus étant l'un des plus dénigré, les films suivants (à quelques exceptions près) feront en sorte d'effacer ou, tout simplement, de ne pas prendre en compte ce X-Men 3. Ce que je trouve particulièrement idiot. Certes vous n'aimez pas, mais c'est comme ça. C'est comme ceux qui ont détesté The Last Jedi. Vous n'avez pas apprécié mais vous devez accepter le film comme faisant partie intégrante de la franchise, un point c'est tout. Et le fait que l'équipe de ces différents métrages aient préféré écouter le public plutôt que, pardonnez-moi du terme, porter leurs couilles c'est juste scandaleux car cela signifie qu'ils n'assument pas leur travail. Personnellement je n'ai pas tellement aimé L'affrontement Final, mais je ne comprends pas qu'on puisse autant s'acharner dessus. D'autant plus qu'il n'est pas mauvais à 100%. Quand il s'agit d'une saga, l'objectif est d'être fidèle et respectueux des œuvres précédentes, que cela nous plaise ou non. Les gars, vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez quand vous faites un film sur une franchise. 

Quoi qu'il en soit, au-delà de l’indulgence se révèle une sincère appréciation du produit fini, à savoir un très bon blockbuster.

Notons également que cette trilogie semble être la seule à être cohérente avec la timeline établie. Nous le verrons, mais la timeline de cette franchise est bordélique. La faute à X-Men Origins : Wolverine, First Class et (même s’il est l’un de mes préférés) Days of Future Past qui instaurent des éléments qui n’étaient pourtant pas présents dans la première trilogie alors qu’ils s'inscrivent dans la chronologie de cette même trilogie.

De mon côté, concernant cette trilogie mon film favori est incontestablement X2, pour tout un tas de raison : sa mise en scène, les thèmes abordés, la scène d’introduction, la scène du « coming out » de Bobby, le passé de Wolverine qui occupe une place centrale… X-Men 2 est – tous films confondus – celui qui représente le mieux l’Autre au sein du dispositif narratif. Une scène du film évoque parfaitement cette difficulté à être Autre, celle durant laquelle Diablo confie à Mystique qu’elle a de la chance de pouvoir endosser toute sorte de personnalités et, ainsi, de pouvoir se faire passer pour une humaine, ce à quoi elle répond que les Mutants ne devraient pas avoir à se cacher. On le voit, les X-Men explorent des problématiques pour le moins complexes et pertinentes, qui plus est, dans une perspective alternative, autrement dit portées par un regard issu de la marge.

Je vous donne rendez-vous dans les prochaines semaines pour le reste de ce dossier « Rétrospective ». J’espère que cette première partie vous aura plu ! N’hésitez pas à me donner vos retours.

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Alex 

jeudi 9 août 2018

La franchise Taxi a du mal à passer la cinquième...



Note : 2.5/5

Taxi 5 débarque plus de onze ans après le quatrième volet et à la fin on se demande : tout ça pour ça ? Je ne vais pas y aller par quatre chemins : cet opus est très décevant, le scénario est inexistant et on ne retrouve absolument pas le charme de la franchise. Vous l'aurez compris, c'était mauvais et ce, pour plusieurs raisons, certes, mais on peut également trouver son compte dans ce film, comme j'y ai trouvé le mien. Alors oui, c'est assez contradictoire de dire ça compte tenu de ma note et de mon avis global... Pourtant, je n'ai pas passé un mauvais moment, loin de là même, j'ai ri lorsque les scènes étaient réellement drôle et j'ai trouvé que c'était assez divertissant en plus d'être assez bien mené par le nouveau duo principal pour ne pas être ennuyant. On regrettera par contre les vannes insistantes sur le poids de la flic Sandrine. Les apparitions de Bernard Farcy en revanche sont géniales ! L'acteur semble visiblement ravi de se retrouver en Gibert - la scène où il chante "Tchikita" de Jul est assurément en passe d'être culte.
Malgré cela, ma note est très basse tout simplement car ce film n'est pas un "Taxi". C'est une bonne comédie oui, où on peut rire de bon cœur, où on ne s'ennuie pas, bref tout ce que vous voulez, mais c'est une insulte royale à la saga. Franck Gastambide voulait se différencier des précédents films de la saga d'après ses interviews, soit, mais quitte à vouloir faire quelque chose de nouveau, autant le faire jusqu'au bout ! 



Je ne suis absolument pas contre l'ambition de faire différemment, bien au contraire, mais dans ce cas il aurait fallu assumer le reboot de la saga ! Le réalisateur recopie sans cesse et sans relâche chaque détail, chaque blague, chaque musique, chaque cascade et tout cela en beaucoup moins bien, évidemment. J'ai eu l'impression de voir une longue redite du premier film avec des dialogues débiles interminables en plus, une enquête policière et des courses poursuites impressionnantes en moins : et ce n'est qu'un des majeurs problèmes du film. À force de vouloir faire du neuf avec du vieux, le film se perd dans ses intentions et on assiste à un film sans réelle valeur ajoutée. Tout d'abord, nous pouvons nous poser cette question : Taxi 5 est-il un hommage rendu à la saga ou est-il simplement qu'un énorme plagiat ? La réponse à cette question peut être différente selon le spectateur et détermine son ressenti global à la sortie du film. Me concernant, durant la première demi-heure, j'ai vu le film comme un hommage. On reprend certains personnages comme le commissaire Gilbert ou encore le policier municipal Alain Trésor, quelques blagues comme celle de la montre de Gilbert (réglée à tout jamais sur 12h05) et on revoit quelques scènes des anciens films de la saga avec les différents méchants auxquels le duo Daniel et Émilien ont eu affaire. 
Même si cela paraissait un peu comme du fan service facile, d'un autre côté, cela m'a fait plaisir de revoir quelques scènes de la saga. Hélas, plus le film avançait et plus il tentait de me faire changer d'avis... En effet, même en expliquant de manière très brève ce qu'est devenu le duo, le film ne fait que parler d'eux et il en devient très vite agaçant. Daniel par ci, Daniel par là, et son taxi il revient du bled, et Daniel n'aurait pas agi comme ça, et Daniel n'aurait pas fait comme ci : c'est simple, on parle de Daniel tout le temps ! Alors je comprends tout à fait que les scénaristes ne pouvaient pas ne pas expliquer ce qu'était devenu le duo, mais au point d'en parler toutes les cinq minutes, je ne pense pas que c'était nécessaire. 

En réalité, le problème ne se situe pas vraiment là. Le problème c'est qu'en faisant cette sorte de suite/reboot de la saga, Franck Gastambide voulait faire quelque chose de nouveau et apporter du neuf à la saga. Mais alors pourquoi parle-t-il du passé de la saga sans arrêts ? Comme je l'ai dit un peu plus tôt, quitte à faire quelque chose de nouveau, autant le faire jusqu'au bout et se détacher du passé ! Je ne comprends pas du tout pourquoi on parle autant de ces personnages si ce n'est que pour nous les faire regretter...  
Que ce soit au niveau de la bande originale (bon et encore ça, ça passe) ou au niveau des cascades, tout est sensiblement pareil : par exemple, dans Taxi 2, il y a une grosse cascade qui se déroule à Paris où on assiste à une accumulation de voitures de flics accidentées ; dans le 5 cette cascade se déroule à Marseille et cette fois-ci avec des voitures de civils, seule nouveauté dans la cascade qui n'est, par ailleurs, même pas crédible tant le montage est mauvais et que l'accident était évitable dès le premier choc ! Il y a également une autre cascade reprise de la saga, cette fois-ci de Taxi 3, lorsque le taxi roule sur deux roues pour poursuivre un scooter, on retrouve la même cascade dans le 5 sauf que cette fois-ci c'est dans une voiture de la police qu'un chauffeur Uber se fait poursuivre. Néanmoins, sans ces petits changements, la cascade est identique. Le summum du ridicule arrive à la fin du film lorsqu'un des personnages principaux découvre des voitures miniaturisés des premiers taxis et c'est là qu'on se rend compte que l'hommage sert plus à remplir les cases vides laissées par un scénario lui aussi trop vide. Alors, clins d'œil et multiples hommages à la saga ou bien plagiats conséquents et gros manque d'inspiration ? C'est au spectateur de voir et cela influera forcément sur son avis global. Personnellement, je suis assez mitigé sur la question. D'un côté, je doute que Gastambide ait voulu à ce point copier la saga sans que personne ne le remarque. Je pense qu'à la base cela partait d'un bon sentiment pour satisfaire les fans, or le problème c'est que cette accumulation de clins d'œil noie totalement le film et l'empêche de déployer sa propre personnalité et ses nouveautés, donc au final, on se dit qu'il n'était pas nécessaire de refaire un film pour assister à une simple redite ponctuée d'hommages à répétition, donc même si ce ne sont que des hommages, l'effet attendu est quelque peu raté. Malheureusement, même en répondant à cette question, la déception ne s'arrête pas là. 

Je pense que lorsqu'on va voir un film Taxi, ce n'est ni pour l'élaboration du scénario ni pour l'élégance de l'humour : on y va en grande partie pour y voir de belles cascades et des scènes d'action impressionnantes... mais même ça le film ne le réussit pas. Un comble quand même pour un film d'action avec un taxi aussi puissant et technologique ! C'est de loin ce qu'il y a de plus décevant dans ce film : le taxi est rangé dans un coin de l'histoire et ne sert que de prétexte pour figurer sur le titre du film alors qu'il n'est en aucun cas au cœur de l'action. En effet, seules trois scènes d'action se font à bord du taxi... La première scène, où nous assistons à la seule scène de braquage totalement nulle où nous ne voyons rien de bien excitant, est plutôt pas mal sur certains aspects, notamment au niveau de la photographie, de la bande originale ou même au niveau des cascades réalisées par le taxi, mais le problème c'est que la scène ne dure pas assez longtemps et qu'elle est sans arrêts coupée par le montage ! On se retrouve là avec une scène qui n'est absolument pas immersive et limite désuet d'intérêt : ce n'est donc pas une réelle réussite pour la première vraie apparition du taxi. Concernant la deuxième, elle se déroule sur un circuit automobile. Je vous passe les détails de la scène mais c'est là aussi copié sur le premier film de la saga, lorsque Daniel rendait une petite visite à nos amis Allemands.  



Concernant les personnages, c'est de ce côté là très nuancé : on a aussi bien affaire à de bons personnages qu'à des mauvais. Premièrement, il y a la bonne surprise du film : Franck Gastambide (Sylvain Marot) et Malik Bentalha (Eddy Maklouf) forment un duo énergétique, les deux acteurs jouent sensiblement bien tous les deux et se complètent l'un l'autre sur plusieurs aspects, ce qui fait que leur duo fonctionne et qu'ils arrivent à nous fait rire et on prend plaisir de rire avec eux. Toutefois, il y a quelque chose à redire sur ces personnages : Eddy est beaucoup trop traître pour que cela paraisse crédible et Sylvain cumule les rôles de chauffeur et policier : quelle est donc la valeur ajoutée de Eddy ? Je veux bien entendre que c'est à son oncle qu'il doit le taxi donc il a un peu sa part de réussite dans toute cette histoire, mais rien n'oblige Sylvain à faire équipe avec lui, compte tenu en plus de ses multiples infractions et du fait que c'est un abruti... Sa place dans le duo n'est donc pas réellement justifiée dans le scénario. 

Par ailleurs, je trouve le rôle de Sabrina Ouazani moyen, elle connaît le taxi et ses fonctionnalités mieux que personne et cela devrait paraître crédible ? Bien sûr. En réalité, elle ne sert qu'à offrir une fin heureuse au personnage de Sylvain mais c'est tout de même très limité en terme de crédibilité comme rôle. 

Deuxièmement, il y a la brigade policière qui est globalement sympathique même si tout le petit monde qui la compose est beaucoup trop stéréotypée : il y a la grosse, le nain, le fou et le charmeur qui donneront lieux à de nombreuses moqueries et je trouve ce type d'humour peu glorieux, même si il peut faire mouche parfois. Également, il y a les antagonistes du film... et c'est là que cela coince le plus. Dans les premiers films, les méchants avaient une place importante et possédaient un certain charisme. Entre les Allemands tarés, la Chinoise tordue et le Belge fou, on avait eu des méchants plutôt bons. Mais là, les Italiens, quelle déception !!! Le groupe, emmené entre autres par la star de la série Gomorra, Salvatore Esposito, qui n'a par ailleurs que deux expressions faciales dans le film, est totalement inutile et dénué de charisme. 
Et pour cause, leur seule scène de braquage est ratée, ils jouent tous très mal, leurs agissements et la composition de la bande est un gros cliché (le gros c'est le boss, le fou c'est le second et les autres ne servent qu'à grossir les rangs de la bande) et ils n'apparaissent pas assez longtemps pour laisser ne serait-ce qu'un petit souvenir dans la saga. C'est également malheureux que les méchants ne soient pas aussi méchants que ça... Enfin, pour conclure sur les personnages, j'ai été assez déçu du traitement du commissaire Gilbert, bien trop tourné au ridicule pitoyable à mon goût. Il a toujours été ridicule mais pas de cette manière-ci. Ils ont quand même osé lui confier la présentation, qui est par ailleurs copiée sur la présentation de la voiture de protection dans Taxi 2, de la voiture KK-2000, la ramasseuse de déjections canines : c'est dire à quel point ils ne respectent pas le personnage de Bernard Farcy... Encore heureux qu'il soit drôle sur le peu de fois qu'il apparaît ! Je n'ai également pas bien compris la charge de son rôle : dans ce cinquième film, Gilbert est devenu maire de la cité marseillaise et pourtant il vient missionner la police municipale de l'affaire des braqueurs italiens. Alors premièrement ne serait-ce pas à la police nationale de s'en occuper ? Et deuxièmement pourquoi est-ce lui qui vient leur donner la charge de l'enquête policière ? Son rôle est tout de même assez confus en somme et tout cela m'amène à parler de l'enquête policière... 



Inexistante : c'est l'adjectif qui résume au mieux l'enquête policière. Les autres films faisaient l'effort au moins, mais là non, c'est plat, il n'y a aucun suspense dans l'avancée de l'enquête, les indices sont livrés sur un plateau d'argent, bref c'est nul. Dans le premier film, par exemple, Daniel analysait les pots d'échappement des Mercedes et arrivait à déterminer qui équipait les voitures des Allemands. Or ici, le duo comique s'infiltre dans une soirée organisée par les antagonistes et trouvent, en s'aventurant dans le bureau secret des Italiens, un dossier tout prêt, posé en plein milieu du meuble, contenant les photos du bijou que les méchants s'apprêtent à voler... Sérieusement ? Gastambide ne nous a pas assez pris pour des cons jusque là ? Il aurait pu se fouler un peu plus sur l'élaboration d'une enquête policière. Ce qui donnait du corps à la saga à ici été effacé : un élément de plus porté disparu. Mais bon après tout, au point où on en est, ce n'est qu'une chose de plus...  

En fin de compte, Gastambide a voulu faire son blockbuster à la française, son Fast & Furious à lui comme en témoigne l'utilisation de Get Low de la bande originale de Fast & Furious 7 de James Wan, il l'a fait, il est content, malheureusement il se plante à bien des égards : à chaque rare point positif il y a toujours du négatif à souligner. Au moins, l'ambition était là et ça, on ne peut le nier. En somme, je ne sais toujours pas quoi penser de Taxi 5, partagé entre le fait d'avoir passé un bon moment et le fait d'être déçu de voir toute l'essence d'une saga que j'apprécie disparaître... 

Taxi 5 veut faire au fond table rase du passé, c'est dit texto par Edouard Montoute : c'est fini, Daniel et Emilien, on ne les verra plus jamais et c'est là toute la faiblesse du film. Pas le même humour, pas la même ambiance, ce Taxi 5 n'a de "Taxi" que le nom et rien d'autres... 

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Alex 

dimanche 3 juin 2018

Connais-tu ? #7 : The Island


Note : 3/5

Bonjour à tous, ravi de vous retrouver pour un nouvel article made in Ciné-News ! Ça faisait longtemps, très longtemps, que je n’avais pas proposé de numéro consacré à cette rubrique. De plus, il me semble que je vous avais promis il y a des mois et des mois de cela, de dédier un article sur cette œuvre de Michael Bay – The Island – sorti en 2005.

Comme dans la plupart de mes articles dévoués à cette rubrique, j’aborderai certains détails autour du film et de sa production, mes attentes envers ce long-métrage, ce que j’en ai pensé et enfin la thématique dont il est question au sein de cette œuvre cinématographique.

I. Autour du film 


Le script a été écrit par Caspian Tredwell-Owen, Alex Kurtzman et Roberto Orci. C'est un thriller contemporain dans la mesure où, d'après Caspian Tredwell-Owen, "le clonage humain va arriver, c'est inévitable (...) quelqu'un va le faire, légalement ou illlégalement, c'est juste une question de se lancer...". Le plus original est que nous découvrons les méfaits du clonage humain non pas des yeux d'un scientifique extérieur au phénomène mais du point de vue des clones eux-mêmes. Alex Kurtzman soutient que c'est ce qui fait l'efficacité du scénario : "Nous sentions très fortement que les révélations devaient être faites à travers les yeux de Lincoln car le public se sentirait aussitôt proche de lui...". En soit, les scénaristes n’avaient pas réellement tort. Nous n’avons jamais été aussi proche du clonage humain qu’aujourd’hui. De ce fait, l’intrigue de ce long-métrage prend un tout autre sens aujourd’hui – du moins, cela a été le cas pour ma part lors de son visionnage.

Il faut également noter que le cinéaste – Michael Bay – a été plutôt exigeant sur le tournage. En effet, ses acteurs ont dû s'investir tant moralement que physiquement dans ce film d'action. Concernant Scarlett Johansson, l'héroïne du film, elle a souffert de son manque de condition physique sur le tournage. En effet, elle dû se faire poser des attelles aux tibias après des scènes de courses-poursuites et souffrait terriblement du genou. "Plus fatiguant que La Jeune fille à la perle" a-t-elle déclaré au magazine britannique Empire. De plus, l'actrice s'est fait retirer les amygdales juste avant le tournage et raconte à ce propos : "(...)le bureau de Michael Bay m'appelait tous les jours pour savoir quand j'allais me rendre à la salle de sport...". Pour Ewan McGregor, la difficulté fut d'opérer un pseudo dédoublement de personnalité. D'une part, il a joué le rôle de Lincoln Six-Echo élevé dans une société confinée, à l'accent américain et d'autre part, celui de Tom Lincoln, son clone, auquel il a voulu donner un accent écossais. D'après Michael Bay, l'acteur a beaucoup travaillé pour les distinguer. De son côté, Michael Clarke Duncan (Starkweather) avait déjà travaillé avec Michael Bay sur Armageddon et ce dernier, malgré son petit rôle dans The Island ne lui a pas épargné certaines souffrances : "Je l'ai fait courir, je l'ai fait pleurer, je lui ai demandé de rester harnaché à une table pendant 8 heures, jusqu'à ce qu'il dise, tu as une dernière prise et moi de lui répondre aller Mike, donne m'en 5 de plus! J'adore le torturer!"
Cependant, pour certains comme Steve Buscemi (McCord, l'allié de Lincoln Six-Echo), "c'est génial de travailler avec lui car il propose des choses à la dernière minute ou demande d'improviser quelque chose à chaud. Nous respectons toujours le script mais sans avoir peur de la nouveauté, donc on ne sait jamais à quoi s'attendre."

Enfin, à propos du métrage, sachez qu’Ewan McGregor joue le rôle de Lincoln Six-Echo, ce qui change considérablement du type de rôle auquel il est habitué. Pour lui, The Island "est un gros film d'action américain mais avec quelque chose de plus profond, ce qui n'est pas toujours le cas (...) Je pensais que l'exploration du clonage humain poussé à l'extrême était intéressante pour le film mais aussi au-delà et c'est le type de rôle que je n'avais encore jamais fait.". Scarlett Johansson, quant à elle, interprète Jordan Two-Delta, l'amie fidèle de Lincoln. En lisant le script, l'actrice a été séduite par leur relation : "Ils ne connaissent rien à l'intimité et à la sexualité. Ils sont complètement naïfs car ils ont vécu dans une espèce de bulle de plastique sans connaissance du monde extérieur. C'est une magnifique histoire d'amour d'une certaine façon (...)". En plus, elle était très excitée de travailler avec Ewan McGregor et Michael Bay. Il est vrai, la naïveté des personnages les rend vraiment attachant. Mais nous reviendrons sur ce sujet un peu plus bas.



II. Synopsis



D’ici quelques décennies…

Lincoln Six-Echo et sa camarade Jordan Two-Delta font partie des centaines de Produits d’une immense colonie souterraine où la vie est étroitement surveillée et régie par des codes très stricts. Le seul espoir d’échapper à cet univers stérile est d’être sélectionné pour un transfert sur “l’Île”. A en croire les dirigeants de la colonie, l’Île serait le dernier territoire à avoir échappé à la catastrophe écologique qui ravagea notre planète quelques années auparavant et en rendit l’atmosphère à jamais irrespirable…

Lincoln, comme la totalité de ses congénères, a longtemps cru à ce paradis. Mais depuis quelque temps, des cauchemars récurrents troublent ses nuits, et le jeune homme commence à s’interroger sur le sens de sa vie et les restrictions faites à sa liberté.
Poussé par une curiosité tenace, Lincoln découvre bientôt l’atroce vérité…


III. Avant de voir le film : mes attentes 




Alors personnellement, j’ai découvert ce film il n’y a pas si longtemps que ça, grâce à Netflix. Je dois dire que j’ai tout d’abord été attiré par la casting. Il s’avère que Scarlett Johansson et Ewan McGregor sont deux acteurs que j’apprécie énormément. J’ai d’ailleurs été surpris de les voir réuni à l’écran. Il faut dire que ce duo semble totalement improbable sur le papier.

Le synopsis m’a également interpellé. Il possède un côté mystérieux et attirant à la fois. On ne comprend pas forcément qu’il s’agit de clonage dès le départ bien que des doutes puissent subsister. De toute manière, on le comprend très vite dès lors que le protagoniste principal commence à découvrir la mise en scène qui se cache derrière “l’Île”. Bon après, sachant que Michael Bay est derrière la caméra, je savais à peu près à quel genre de film m’attendre. Bay est le spécialiste de l’action (et est très fort pour ce genre de divertissement, notamment pour la mise en scène et la chorégraphie des scènes d’action). J’espérais donc m’attendre à un bon divertissement, saupoudré d’action et de philosophie en vue de la notion (du vivant) abordée tout au long du métrage.



Verdict ?


IV.  Avis général 



Prenez un thème d’actualité : le clonage. Poussez-le à l’extrême : jusqu’à la réalisation parfaite d’un homme et de sa conscience. Vous avez là toute l’originalité du film The Island. Le reste n’apprendra rien aux amateurs de science-fiction. Le thème d’une société-écran n’est pas sans nous rappeler 1984 de Georges Orwell, le tout modernisé pour l’esthétique, c’est-à-dire blanc, propre et contrôlé.


Un début très prometteur et énigmatique ! Toute la première partie se consacre essentiellement à installer l’ambiance voulue de l’immense colonie souterraine dont sont membres Lincoln Six-Echo et Jordan Two-Delta. L’atmosphère y est aseptisée, cadrée, et continuellement surveillée. Rien de bien nouveau, mais la beauté des images et le travail non-négligeable opéré sur l’esthétique nous accroche bien. Je dirai que le début (sans savoir encore qu'on parle de clones) m’a interpellé puisqu’il représente quelque chose qui me révolte au plus haut point : un futur proche ou nous serions tous des numéros, l'uniformité, les interdictions édictées par des "puissants", l'interdiction des sentiments, le conformisme basique…
Dommage que la seconde partie du film soit un peu plus fade. En effet, passé la construction rapide de l’intrigue (qui, au final, se dévoile trop rapidement et trop facilement), la suite n’est qu’une succession d’explosions entrecoupées de morceaux d’histoires. L'idée de départ était plutôt captivante mais la suite déçoit. Ce film possédait un énorme potentiel en plus de garder une part de mystère. Le fait que l’intrigue se dévoile bien trop facilement enlève tout le charme de The Island. Une fois que l’on a compris ce qui se passe réellement, on décroche un peu. 

On reconnaît la pâte de Michael Bay notamment pour ce qui est des scènes d'actions qui sont de très grande qualité.  La scène de course poursuite sur l’autoroute avec les altères est par exemple de toute beauté. Et pour cause, le réalisateur n’a pas lésiné sur les moyens : les scènes d’action ont été tournées entre les déserts de Californie, du Nevada, et Détroit. Pour les scènes en mer, a été utilisé un WallyPower 118, petit yacht valant la modique somme de 25 millions dollars. Plus raisonnable, la Cadillac (la voiture de Tom Lincoln) n’a coûté que 7 millions de dollars. Un budget de conséquence donc, que les acteurs devaient assumer : Michael Bay a exigé d’eux un engagement physique important.
Résultat : ils courent, sautent, crient, tombent, se relèvent, re-courent… Les scènes d’actions s’enchaînent pour notre plus grande joie, plus aberrantes les unes que les autres. On s’émerveille toujours de la chance incroyable dont bénéficie nos deux clones, que rien, pas même un hélicoptère, ne pourra arrêter. Une chute du haut d’un building ? Aucun problème… Mettez un filet. Nous sommes d’accord pour dire que beaucoup d'événements s’enchaînent sans d’énormes explications, ce qui rend les choses très peu crédibles au final. Pourtant, on prend un certain plaisir devant ces images.

Globalement, le scénario est plutôt attrayant. La fuite de deux clones en quête d'identité, prenant conscience qu'on leur a menti depuis leur "naissance" ; la thématique est intéressante.  Il y a beaucoup à dire dessus, en particulier d'un point de vue éthique et philosophique (chose que nous allons traiter dans quelques instants).

Le duo principal, Ewan McGregor et Scarlett Johansson fonctionne à merveille. Sur le papier le duo semble improbable – comme j’ai pu l’évoquer précédemment –  mais il est indéniable que les deux acolytes partagent une flagrante alchimie. J'ai été agréablement surpris de retrouver Scarlett Johansson au casting de ce film de SF.  Sans pour autant avoir un rôle profond, elle parvient à alterner les scènes physiques et celles un peu plus dans l’émotion avec beaucoup de facilité. Je l'ai beaucoup apprécié dans ce rôle !

Nous devons toutefois accorder au film des scènes de double (Tom Lincoln alias Ewan McGregor face à Lincoln Six-Echo alias Ewan McGregor aussi) remarquablement réussies.

Finalement, je reprocherai surtout au film son happy-end – bien trop évident et peu original – où même le plus méchant des vilains aide les gentils clones. 


V. La question du clonage vivant



Comme vous l’avez certainement compris (ou comme vu avez pu le voir si vous avez déjà regardé ce film), le métrage commence dans un univers souterrain de science-fiction. A l'extérieur, le monde est censé être empoisonné, sauf une mystérieuse "Île". Lincoln Six-Echo, notre héros, est résident d'une sorte d'établissement ultra-moderne, ordonné de manière très stricte. Ce qui interroge très vite le héros qui se pose des questions sur le sens véritable de son existence et la liberté qui lui est laissé. Comme tous les habitants de cet univers clos, il espère enfin être élu pour sortir et aller sur "l'Île". Il découvre un jour, dans les conduits, un papillon vivant, alors qu'il ne devrait pas y avoir de vie à l'extérieur. Les questions qu'il se posait s'amplifient et se précisent. Il y a bel et bien de la vie dehors. Pourquoi lui a-t-on menti ? A quoi rime cette existence très ordonnée dans la cité où tout le monde porte le même survêtement et où tout est sous contrôle ?

Nous finissons alors par comprendre que tous les habitants de cet étrange établissement sont en réalité des clones parfaits d'hommes et de femmes riches qui peuvent ainsi s'offrir des organes de rechange, en cas de maladie ou d'accident. Par exemple, un joueur de base-ball alcoolique, pourra avoir un foie neuf parfaitement compatible en faisant transplanter celui de son clone sur son propre corps. Dans le film, "l'Homme" est celui qui vit dans le monde ordinaire, l'autre, le clone, n'est pas considéré comme "humain". Le docteur Merrick – le fondateur de cette clinique – vend des organes en disant aux clients que ces corps restent à l'état végétatif et ne sont pas conscients. C'est ce qu'il dit, mais en réalité, il s'est heurté à des problèmes de développement qui l'ont obligé à faire vivre normalement les "clones". Ceux-ci sont conditionnés depuis le début, ils n'ont pas de souvenirs ni d'enfance et pas de sexualité. En somme, ils sont bloqués à 15 ans d'âge mental.
Le film va bien sûr nous amener vers la rencontre entre le clone et l'original et c'est là que tout est dévoilé. Le désir de survie fait que pourtant l'original de Lincoln va tenter de faire capturer son double, sa "police d'assurance", au lieu de l'aider à révéler à toute la presse l'existence de cette machination. Concernant le happy-end dont il était question un peu plus haut, il est – malgré tout – justifiable du fait que le chasseur de prime qui traque Lincoln et Jordan est un noir qui a connu le sens de l'esclavage. Ce dernier va donc retourner sa veste en comprenant que ces milliers de clones ne sont rien d'autre que des esclaves à qui on nie toute humanité et que l'on va exterminer parce qu'ils ont pris conscience d'eux-mêmes.



Le mérite de la thématique de ce film est de bien poser le problème de la culture des cellules, vers une dérive parfaitement prévisible. A partir du moment où le clone est produit, il est un être humain comme un autre. Mais a-t-on le droit de faire ce que la nature ne produit jamais, une reproduction à l’identique ? Faut-il encourager cette tendance à perfectionner le corps par des pièces de rechange ? On risque d'abord le trafic d'organe et ensuite, on dérive vers The Island et pour le bénéfice de qui ? des riches seulement. 

Bien sûr, la notion du vivant telle qu’elle est abordée ici n’est pas nouvelle dans la science-fiction, d’autant plus que Bay l’aborde de manière très manichéenne mais qu’importe, le réalisateur a tout de même eu l’audace de traiter de cet aspect et force est de constater qu’il ne s’en sort pas mal du tout.


VI. La réception presse/public


Pour un budget de 120 000 000 $, le film rapporte 162 949 000 $ au box-office mondial en réalisant 1 556 590 entrées. 

The Island est donc considéré comme un semi-échec commercial et reçoit un accueil plutôt mitigé dans l’ensemble recueillant 40 % de critiques positives, avec une note moyenne de 5,4/10 et sur la base de 192 critiques collectées, sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes. Sur Metacritic, il obtient un score de 50/100 sur la base de 38 critiques collectées.

En revanche, côté positif, le film a été nommé pour le Saturn Award du meilleur film de science-fiction en 2006.

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Bien que je sois resté un peu sur ma faim, ce film est très agréable à regarder grâce à l'esthétique incroyablement bien maîtrisée (Michael Bay est très bon pour ça) mais aussi grâce aux acteurs principaux qui incarnent des personnages attachants et quelque peu naïfs. On passe un bon moment et l’on ne voit pas passer les deux heures de film tellement on est pris dans l’histoire. Un bon divertissement qui fait tout de même réfléchir sur la thématique principale qui est globalement abordée de manière correcte et cohérente.

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Alex