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vendredi 12 octobre 2018

Rétrospective [PARTIE 1] - Trilogie X-MEN



Après un long moment d’absence, me voilà de retour ! Et pour marquer le coup, j’ai décidé de m’attaquer à une franchise qui compte à son bord pas moins de neuf films (je ne prends pas en compte les deux volets sur Deadpool qui ne feront pas l’objet de cette rétrospective) : X-MEN. Considérez ce récap' comme un dossier, celui-ci se manifestera par plusieurs petits articles qui forment un tout. Ainsi, la première partie de cette rétrospective sera consacré à la première trilogie qui – comme son nom l’indique – est composée des trois premiers volets, sortis respectivement entre 2000 et 2006. Dans ce dossier il sera question d’aborder les thèmes sociétaux que la franchise tente de mettre en avant, les problèmes que rencontre la saga au fil des épisodes et il sera surtout question de traiter de son évolution (est-elle bonne ? mauvaise ? Pour quelle(s) raison(s) ?).

Avant toute chose, j’aimerai dire que ce qui est particulièrement intéressant avec cette saga, au-delà de toute considération esthétique, c’est combien ces films sont représentatifs de l’inventivité et de la richesse de tout un pan de la production hollywoodienne. En effet, alors même que beaucoup ne voient dans le cinéma commercial américain qu’un « mauvais objet culturel » abrutissant et sans intérêt, il me semble que des œuvres comme les X-Men expriment justement bien la complexité d’un grand nombre de ces films qui, derrière leur apparence de blockbusters et de divertissement un peu simplistes, n’en demeurent pas moins de passionnantes réflexions sur les questions sociopolitiques qui agitent nos sociétés. Les X-Men, au-delà de leur dimension spectaculaire et distrayante, proposent en effet une réflexion très pertinente sur la question de l’Autre dans la société d’aujourd’hui, mais aussi une nouvelle façon d’aborder la question de l’altérité dans le cinéma hollywoodien – ce que peu de spectateurs ont su voir. 

Dès lors, il me semble pertinent de commencer à analyser cette franchise par ordre chronologique des sorties de films. Commençons donc !


X-MEN, ça parle de quoi ?


L’action du premier opus se déroule à New York et met en scène un monde semblable au nôtre mais situé dans un avenir proche, dans lequel existent des Mutants, c’est-à-dire des êtres en apparence humaines mais dotés de super-pouvoirs. Le Sénateur Kelly, un homme politique visiblement raciste, veut faire adopter une loi visant à ficher et à contrôler les Mutants dont une part croissante de la population humaine se méfie de plus en plus. Face à cette répression grandissante, les Mutants adoptent deux positions antagonistes : Magneto, rescapé des camps d’extermination nazis étant enfant, voit dans cette loi – qui lui en rappelle une autre – une menace sérieuse pour les Mutants qu’il considère comme l’avenir du monde. Il décide donc de mener une guerre sans merci contre Kelly et les humains. Face à lui, son vieil ami, le professeur Xavier, tente lui d’apaiser les choses et de promouvoir une collaboration harmonieuse entre Mutants et humains. Il a créé pour cela une école spécialisée pour « surdoués » (en fait, pour Mutants) et une équipe de choc, les X-Men, pour contrecarrer les plans de Magneto.

X-Men 2 fonctionne considérablement sur le même schéma scénaristique puisqu’un humain du nom de Stryker veut à son tour exterminer tous les Mutants auxquels il voue une haine féroce. Pour le combattre Xavier et Magneto vont momentanément faire alliance. Enfin, dans le troisième opus, X-Men l’affrontement final, qui se déroule essentiellement à San Francisco, les humains ont mis au point un remède permettant aux Mutants de devenir « normaux » ce qui déclenche la fureur de Magneto et une guerre féroce entre sa confrérie de Mutants suprématistes et les humains aidés des X-Men.


Rien qu’avec la lecture de ces synopsis, on devine très rapidement que ce qui fait la richesse de ces films, c’est qu’ils réutilisent tous les grands thèmes liés à l’altérité : la question juive, l’homosexualité (je reviendrai dessus un peu plus tard), le problème noir, le regard que l’on porte sur les handicapés physiques, sur les malades du sida, ou encore sur les étrangers. Avec une certaine habileté, les auteurs ont opéré une sorte de mélange pour signifier la différence des Mutants et rendre leur vécu si consistant. Autrement dit, les Mutants des X-Men renverront pour chacun de nous à une forme d’altérité – l’homosexualité pour les uns, l’altérité raciale pour les autres – qui dévoilera un sous-texte totalement cohérent. Je tiens également à ajouter que c’est ce sous-texte intelligemment utilisé qui m’a fait apprécier cette franchise. 

En visionnant de nouveau les films (dans l’optique de rédiger ce dossier), j’ai remarqué une chose qui ne m’avait pas sauté aux yeux auparavant – bien que cela semble limpide une fois que nous l’observons : l’opposition entre Magneto, le radical, et Xavier, le modéré, fait évidemment référence à l’opposition entre Malcolm X et Martin Luther King. Bien sûr, pour éviter de dire des bêtises je me suis tout de même renseigné sur le comics et il se trouve que la BD est parue en 1963, quelques jours avant la grande Marche sur Washington qui symbolise l’apothéose de la lutte pour les droits civiques. Il ne fait aucun doute que les auteurs – Stan Lee et Jack Kirby – se sont inspirés de l’actualité politique du moment. Ainsi Magneto, qui considère les Mutants comme une race supérieure, préconise le recours à la violence contre les humains-oppresseurs tandis que le professeur Xavier, pacifiste et humaniste, encourage, lui, la coopération et l’entente cordiale avec les humains. Par ailleurs, nombreuses sont les autres allusions à l’histoire des Noirs américains ; par exemple X2 s’ouvre sur une scène durant laquelle un guide promène des visiteurs dans la Maison Blanche puis s’arrête devant le portrait de Lincoln avant de réciter un extrait de son discours inaugural prononcé en 1860 à la veille de la guerre civile. Quelques secondes plus tard, un plan nous montre l’effigie de Kennedy devant lequel apparaît un Mutant téléporteur qui va tenter d’assassiner le président des Etats-Unis au cri de ralliement « Mutant freedom now », qui rappelle l’un des mots d’ordre de la lutte pour les droits civiques.

Au sein de ces trois films, nous retrouvons également une autre référence – tout aussi explicite : l’antisémitisme et, par extension, la Shoah. Le premier opus de la trilogie s’ouvre en effet sur une scène de déportation située en Pologne en 1944. C’est là que Magneto, enfant, découvre son pouvoir, celui de déplacer les métaux par la pensée. Aussi, l’ombre de l’extermination des Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale sera au cœur de la saga. Par exemple quand le sénateur Kelly ou William Stryker projettent de localiser et de ficher tous les Mutants, on ne peut s’empêcher de penser aux mesures juives prises sous l’Occupation et au port de l’étoile jaune. D’ailleurs toute la haine de Magneto pour la race humaine vient de ce qu’il n’a pas pardonné aux humains (ou plutôt aux nazis) d’avoir déporté et assassiné ses parents. Cela n’est jamais vraiment dit, mais toujours suggéré. Dans le troisième volet par exemple, il évoque, devant une foule de Mutants en colère, le sort que les humains leur réservent en employant des termes comme « rafles » et « génocide » avant de découvrir son avant-bras sur lequel est tatoué un numéro de déporté. D’autres moments viendront nous rappeler ce moment tragique de l’Histoire des Hommes : quand on apprend par exemple qu’il a effectué des expériences médicales sur les Mutants (en premier lieu sur son fils mais aussi sur Wolverine) qui rappellent là encore les expériences faites par des médecins nazis sur les prisonniers juifs. Que ce soit Kelly ou Stryker, les deux « grands méchants » de Singer nous sont dépeints comme des racistes étroitement proches des fascistes.

A noter également que l’altérité des Mutants est souvent associée à celle des homosexuels. La scène la plus explicite est celle du « coming out » de Bobby (Iceberg) dans X2 et à la réaction embarrassée de sa famille : sa mère, mal à l’aise et maladroite, qui lui demande : « tu as essayé de ne pas être un mutant ? » tandis que son frère s’empresse d’appeler la police.



Il est d’ailleurs intéressant de constater que c’est à l’adolescence que les sujets prennent conscience de leur pouvoir et de leur identité de Mutant. Or, ce qui définit l’adolescence c’est précisément l’éveil à la sexualité et la transformation du corps qui l’accompagne. Dans X-Men l’affrontement final, l’allusion crypto-gay est encore plus flagrante à travers le personnage de Warren (Angel) qui découvre adolescent sa nature de Mutant (via les ailes naissantes qui lui poussent dans le dos) et refuse sa différence de peur de décevoir ses parents (il se les arrache en cachette dans la salle de bain). Par la suite il prendra littéralement son « envol » du nid familial pour assumer pleinement son identité de Mutant.

D’autres métaphores peuvent par ailleurs être repérées par-ci par-là, comme les références à la maladie (avec le « remède » de X3) et plus particulièrement au sida (Malicia qui tue en embrassant ses petits copains), références encore aux étrangers (Kurt Wagner et son fort accent allemand) ou aux handicapés (Xavier est paraplégique, Cyclope est aveuglé sans ses lunettes). 

Nous l’avons vu, les « vrais méchants » ici ce sont les humains, les gens « normaux » dépeints comme des intolérants (manifestations anti-Mutants à la télé, parents incompréhensifs au point de détruire leurs enfants, politicards proto-fascistes). Certains sont même foncièrement détestables (Kelly, Stryker), davantage encore, que l’antagoniste principal de la trilogie : Magneto. Et c’est là que le discours s’avère plus nuancé qu’il n’y paraît. Singer semble fasciné, autant que nous, par la figure de Magneto qui a de très bonnes raisons d’en vouloir à la terre entière. D’ailleurs il n’a pas toujours tort de se méfier comme de la peste des humains. Rappelons aussi que Xavier et lui se respectent profondément et se considèrent toujours, malgré leurs différents, comme de « vieux amis ». Ils luttent tous deux pour les droits des Mutants et illustrent en fait les deux facettes d’une même pièce, incarnant deux stratégies plus ou moins efficaces selon les circonstances.


Voilà pour la partie analyse. Venons-en maintenant à l’aspect critique : qui sera beaucoup moins longue, rassurez-vous.

Beaucoup jugent le troisième volet mauvais, à tort ou à raison. La force des deux premiers opus est qu’ils étaient des blockbusters déguisés en films d’auteur. Evidemment l’action était présente, mais X-Men et X2 mettaient en avant tous les éléments que nous avons traité plus tôt, illustrant la discrimination des humains vis-à-vis des mutants et la lutte de ces derniers, divisés en deux factions, les X-Men d’un côté et la Confrérie des Mutants de l’autre. Mais avec X-Men 3, et vous ne pouvez qu’être d’accord, le cinéaste – Brett Ratner – n’a aucunement eu l’intention de faire transparaître un quelconque propos au travers de son film. 

Là où Singer marquait ses films de sa patte d’auteur, Ratner s’impose en faiseur sans thématique ni esthétique particulière. En ce qui concerne la très grande majorité du film, le réalisateur s’efface derrière l’esthétique instaurée par son prédécesseur. Il s’efface également derrière le travail établi dans le matériau originel. Effectivement, ce dernier opus est sans doute celui qui puise le plus dans sa source. Qu’il s’agisse d’arcs scénaristiques connus (Dark Phoenix, le remède contre le gène mutant, la perte des pouvoirs de certains protagonistes) ou bien de clins d’œil (la Salle des Dangers, pour ne citer qu’elle), tout provient de la BD. X-Men 3 tente – maladroitement – la double tâche de boucler toutes les pistes ouvertes par les précédents volets et de glisser toutes les références manquantes. D’un point de vue narratif, le film se situe quelque part entre les deux opus. A l’image d’X-Men, il est relativement court et s'aventure sur quelques chemins qui auraient mérité d’être explorés plus avant, tout en laissant l'action guider l'histoire, comme le faisait X2. N’ayant jamais su quoi faire de son personnage, la franchise victimise une fois de plus ce pauvre Cyclope qui aurait pourtant pu voir son rôle enfin exploité si le Phénix avait bénéficié d’un film à lui tout seul. X-Men – L’Affrontement final veut trop en faire en étant forcé dans sa place, limitée, de dernier épisode de la trilogie.


X-Men : L'affrontement final est trop plein et trop vide, trop ambitieux et trop grossier à la fois. La première cause est évidente : entremêler les arcs du Phénix noir et du vaccin est un choix discutable, la métamorphose de Jean Grey étant un moment grandiose et adoré par les fans. Vous l’aurez constaté, le film n'arrive pas à trouver un équilibre entre les deux intrigues, et n'hésite pas à simplifier pour rafistoler le scénario. Scénario qui prend en plus la peine de mener des intrigues parallèles encombrantes, comme le triangle amoureux avec Malicia, Kitty et Bobby.  Les personnages ont aussi souffert dans ce film, à l'exception d'un Wolverine si présent (et bien trop sage) qu'on croirait être dans un film solo avec les autres X-Men en figurants. Cyclope est évacué bien vite, le Fléau est ridicule, et Angel totalement anecdotique. De manière plus générale, le film manque clairement d’une réelle identité. Que Bryan Singer reprenne la main sur Days of Future Past (sur lequel nous reviendrons dans une autre partie de ce dossier) où il efface lui aussi des personnages iconiques, ne mettra que mieux en valeur l'incapacité de Ratner à aimer et rendre justice au matériau.

Pour ma part, il s'agit de l'opus que j'apprécie le moins. Mais tout n'est pas à jeter dans ce film, loin de là. En effet, bien que l'action ai été bien plus mis en avant au profit du scénario, L'affrontement final propose certaines choses assez osées et plaisantes à voir dans un film de super-héros. Car oui, enfin nous avons l'un des protagonistes principaux assassiné de sang-froid. Le « meurtre » du Professeur X est inattendu, violent et est essentiel pour la suite du scénario. Je me souviens avoir été particulièrement choqué par cette scène tant je ne m'y attendais pas. Pour moi, aucun héros ne pouvait mourir. Ce film manque d'identité comme j'ai pu le dire, mais concernant cette scène-là, tout est parfait : la tension, la musique, les effets visuels, le montage parallèle entre les combats de Wolverine et Tornade contre deux des mutants de la Confrérie de Magneto... Cette scène est LA scène du film et il mérite d'être visionné rien que pour cela. 
La chose que je regrette par contre, c'est que cette mort n'aura finalement servi à rien puisque dans la suite de la franchise, Charles Xavier sera à nouveau en vie et, tenez-vous bien, sans aucune explication. J'en parlerai plus en détails dans la suite de ce dossier (lorsque nous en arriverons à Days of Future Past) mais ce qui me désole c'est que les œuvres de cette saga semblent davantage appartenir au public plutôt qu'aux réalisateurs, scénaristes et consorts. Cet opus étant l'un des plus dénigré, les films suivants (à quelques exceptions près) feront en sorte d'effacer ou, tout simplement, de ne pas prendre en compte ce X-Men 3. Ce que je trouve particulièrement idiot. Certes vous n'aimez pas, mais c'est comme ça. C'est comme ceux qui ont détesté The Last Jedi. Vous n'avez pas apprécié mais vous devez accepter le film comme faisant partie intégrante de la franchise, un point c'est tout. Et le fait que l'équipe de ces différents métrages aient préféré écouter le public plutôt que, pardonnez-moi du terme, porter leurs couilles c'est juste scandaleux car cela signifie qu'ils n'assument pas leur travail. Personnellement je n'ai pas tellement aimé L'affrontement Final, mais je ne comprends pas qu'on puisse autant s'acharner dessus. D'autant plus qu'il n'est pas mauvais à 100%. Quand il s'agit d'une saga, l'objectif est d'être fidèle et respectueux des œuvres précédentes, que cela nous plaise ou non. Les gars, vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez quand vous faites un film sur une franchise. 

Quoi qu'il en soit, au-delà de l’indulgence se révèle une sincère appréciation du produit fini, à savoir un très bon blockbuster.

Notons également que cette trilogie semble être la seule à être cohérente avec la timeline établie. Nous le verrons, mais la timeline de cette franchise est bordélique. La faute à X-Men Origins : Wolverine, First Class et (même s’il est l’un de mes préférés) Days of Future Past qui instaurent des éléments qui n’étaient pourtant pas présents dans la première trilogie alors qu’ils s'inscrivent dans la chronologie de cette même trilogie.

De mon côté, concernant cette trilogie mon film favori est incontestablement X2, pour tout un tas de raison : sa mise en scène, les thèmes abordés, la scène d’introduction, la scène du « coming out » de Bobby, le passé de Wolverine qui occupe une place centrale… X-Men 2 est – tous films confondus – celui qui représente le mieux l’Autre au sein du dispositif narratif. Une scène du film évoque parfaitement cette difficulté à être Autre, celle durant laquelle Diablo confie à Mystique qu’elle a de la chance de pouvoir endosser toute sorte de personnalités et, ainsi, de pouvoir se faire passer pour une humaine, ce à quoi elle répond que les Mutants ne devraient pas avoir à se cacher. On le voit, les X-Men explorent des problématiques pour le moins complexes et pertinentes, qui plus est, dans une perspective alternative, autrement dit portées par un regard issu de la marge.

Je vous donne rendez-vous dans les prochaines semaines pour le reste de ce dossier « Rétrospective ». J’espère que cette première partie vous aura plu ! N’hésitez pas à me donner vos retours.

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Alex 

mercredi 22 février 2017

RÉTROSPECTIVE - INDIANA JONES ET LE TEMPLE MAUDIT


Bienvenue à la Ciné-News Communauty pour la deuxième partie de la Rétrospective spéciale Indiana Jones, centrée cette fois sur la suite des Aventuriers de l’Arche perdue. 
La première partie  de la rétrospective est à retrouver en cliquant >> ICI <<.

Indiana Jones et le Temple maudit est sorti en 1984. Une fois n'est pas coutume, c'est le grand Steven Spielberg qui est à la réalisation. Il s’agit du deuxième volet de la série de quatre films dont Indiana Jones est le héros. L’action de cet opus se déroule en 1935, chronologiquement parlant donc, l’action du film se déroule avant le premier volet (dont l’histoire se passe en 1936).
Au casting, on y retrouve évidemment Harrison Ford dans le rôle de l’archéologue au chapeau mais aussi Jonathan Ke Quan dans le rôle de Demi-Lune et Kate Capshaw dans celui de Willie Scott, la jolie blonde.

Comme je l’ai dit dans la rétrospective précédente, M6 diffuse depuis la semaine dernière l'intégrale de la franchise, à raison d'un opus par semaine. Mardi soir, c’était au tour du second volet. Par conséquent c’est également à mon tour d’aborder ce film, avec un regard critique évidemment. 


Tout comme pour le premier volet, la scène d’introduction est incroyablement réussie, j’ajouterai même qu’elle est époustouflante. Elle introduit efficacement les nouveaux personnages et l’on se rend compte que c’est de cette scène que va découler toute l’intrigue du film. Encore une fois, lorsque le film débute nous sommes en pleine action, le Dr. Jones est dans une quête qui semble toucher à sa fin. Cependant, les conséquences de cette quête nous entraînent dans la trame principale de cet opus.
Je ne sais pas si vous l’aviez remarqué, mais lors de l’exposition (les quinze ou vingt premières minutes) Spielberg nous fait un petit clin d’œil à la saga de son confrère Geroge Lucas : Star Wars, voyez plutôt : 

Ceci n’est pas étonnant puisque le papa de la Guerre des Etoiles est lui-même producteur de cette franchise.


On est plongé dans une trame totalement différente des Aventuriers de l’Arche perdue dans la mesure où cette fois-ci, l’intrigue résulte dans les croyances indiennes et en l’occurrence, un culte bien particulier. Nous avons donc affaire à des paysages très exotiques et plaisants. Bien qu’il y ait plus d’humour, notamment de l’humour noir, cette suite est beaucoup plus sombre que le premier film. Le scénario de ce deuxième opus est toujours autant instructif. Néanmoins, sans prendre en compte le quatrième opus bien entendu, ce film est le moins bon des 3 premiers. Il n’en ait pas moins divertissant, attention. En effet, je trouve malgré tout qu’avec cette aventure-là, Indiana Jones perd légèrement de son authenticité, si je puis dire. A mon sens, ce deuxième Indiana Jones est moins culte que son prédécesseur.

En revanche, ce Temple maudit réutilise les codes de la franchise, mis en place dans le film précédent. On y retrouve par exemple le procédé de la synecdoque (que j’ai déjà abordé dans la rétrospective précédente), d’une manière plus discrète cette fois-ci.

Concernant les personnages, la belle Willie Scott est clairement le stéréotype de la blonde totalement superficielle. Pourtant, son traitement est assez intéressant dans l’histoire et elle permet, d’une certaine manière, que le public puisse s’y identifier facilement. Demi-Lune est sans aucun doute LE personnage du film ! Il nous offre une touche d’humour supplémentaire en plus d’être touchant. Harrison Ford, quant à lui, est toujours autant charismatique et son interprétation du Dr. Henry Jones Jr est aussi plaisante que d’habitude.

Spielberg nous offre de très beaux plans. Celui qui m’a le plus marqué est celui où Demi-Lune & Indy discute en pleine nuit, avant d’arriver au Palais dans lequel ils doivent se rendre. Lors de cette discussion, les deux protagonistes sont au premier plan mais ne sont pas placés au centre du cadre, ils sont plutôt situés sur la gauche. Derrière eux, on distingue un ciel étoilé. La photographie de ce ciel a tendance à tirer vers le bleu. Cette séquence dure peu de temps, mais elle m’a vraiment marqué. C’est très beau à voir.

L’humanité du héros est de nouveau mise en avant, à mon plus grand plaisir. Ce détail permet d’insister sur le fait que Indy n’est pas un héros parfait qui réussit avec brio tout ce qu’il entreprend. Bien au contraire, la preuve c’est que dans ce film, Indiana passe même « du côté obscur » et si Demi-Lune n’avait pas été là, Indy n’aurait pas repris ses esprits.
Indiana Jones, c’est typiquement le genre de film où nous savons que le héros va s’en sortir, mais la question est de savoir quand et comment. Afin de retarder au maximum la réponse à ces deux questions, il faut faire jouer le suspense. Là où le scénario est très bien écrit c’est que le suspense est présent tout au long du long-métrage. Et le plus fort, c’est que ce n’est jamais terminé. Lorsque l’on croit que le héros est sauvé, une nouvelle mésaventure lui arrive juste derrière. Le suspense continue d’être maintenu coûte que coûte, à notre grande surprise.


D’autre part, toute la séquence dans les tunnels du Temple est prenante. Cette scène est géniale et suscite beaucoup d’intérêt. À ce moment-là, on s’approche doucement du climax final : la scène du pont. Et c’est là que le suspense est à son comble. La musique utilisée à cet instant précis accompagne et fait même grandir le suspense un grand au-dessus.
La bande-originale de John Williams est parfaite, comme à son habitude. Rien à dire dessus.

Finalement, cet opus est plutôt réussi ! Bien sûr, je trouve que ce long-métrage est légèrement inférieur au premier, mais cela ne veut pas dire qu’il n’est pas divertissant ni intéressant, bien au contraire. Le scénario est très bien écrit et l’intrigue est vraiment instructive. Mis à part la romance, beaucoup trop prévisible, ce film n’a pas énormément de défaut. Plus sombre et plus drôle à la fois, Indiana Jones et le Temple maudit séduira (si ce n’est déjà fait) les aficionados de la franchise et de genre de film, plus généralement.  

Rendez-vous la semaine prochaine pour la rétrospective d' Indiana Jones et la Dernière Croisade, troisième aventure de notre archéologue préféré ! 😉

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Alex

mardi 14 février 2017

RÉTROSPECTIVE - LES AVENTURIERS DE L'ARCHE PERDUE

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Crédit : Allociné.fr
Les Aventuriers de l'arche perdue est un film américain qui mêle le fantastique à l'aventure, sorti en 1981, co-produit par George Lucas et réalisé par le grandiose Steven Spielberg. Il s'agit du premier volet (le deuxième chronologiquement) d'une franchise composée de quatre films, à ce jour, puisqu'un cinquième opus est prévu pour juillet 2019.
En 1999, le film est sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ».

Indiana Jones est un personnage de fiction, interprété par Harrison Ford. Aujourd'hui cet archéologue qui aime donner des coups de fouets est devenu une figure emblématique de la culture populaire. 
Ses aventures se déroulent principalement au début du XXe siècle avec comme toile de fond la Première et la Seconde Guerre mondiale, ainsi que la guerre froide. Le récit de ses premières aventures mêle fiction et réalité, Henry Jones Jr rencontrant des personnages ayant réellement existé. Dans ses aventures en tant qu'adulte, sa vie est rythmée par la recherche et découverte de reliques légendaires tout en étant confronté à des mythes et croyances diverses.

La chaîne de télévision M6 a décidée de rediffuser l'intégrale de la saga à raison d'un film par semaine. Le premier volet ayant été diffusé hier soir, je vous propose à mon tour de vous livrer une rétrospective par semaine, sur l'opus diffusé. Ainsi, le sujet du jour : Les Aventuriers de l'arche perdue.

Commençons par la scène d'introduction. Elle présente le héros sous son chapeau, en tant qu'archéologue. En même pas 15 min de film, le scénario pose parfaitement l'exposition : on sait que le héros est un professeur en plus d'être un "chasseur de trésor", et l'on comprend très vite aussi que l'objectif va être de retrouver une relique, appelé l'arche. Toute la scène d'introduction est devenue culte dans le paysage cinématographique. Elle est efficace et n'a rien à envier aux blockbusters actuels. L'action qui résulte de cette scène suscite immédiatement notre intérêt pour ce long-métrage et nous donne ainsi l'envie de poursuivre le visionnage.



L'oeuvre de Spielberg possède une histoire riche et instructive puisque l'objectif est d'entrelacer la réalité historique avec des éléments fictionnels tout en divertissant les spectateurs. Ce mélange s'unifie habilement dans ce long-métrage. Ensuite, vous remarquerez que nous avons affaire à un héros (porté par un Harrison Ford charismatique) qui doit affronter ses peurs (sa phobie des serpents). Cela pimente l'histoire en nous offrant un intérêt supplémentaire mais ce détail permet avant tout de caractériser davantage ce protagoniste, le rendant plus humain. Cette humanité est également démontrée par le fait que tout ce qu'il entreprend n'est pas synonyme de succès. 

Les Aventuriers de l'arche perdue, tout comme ses successeurs, détient son lot de scènes culte. Je pense notamment à celle-ci : 


Mais bien sûr, il y en a d'autres ! Par exemple, la scène de fin lorsque les allemands ouvrent l'arche, ou encore lorsqu'ils sont encore en Egypte, et qu'Indy tente de s'emparer du camion transportant la relique en question.

La musique, quant à elle, occupe un rôle très important dans cette franchise. Sa notoriété est telle que la bande-originale parvient à s'émanciper du film. Comme beaucoup d’œuvres de John Williams, la musique se transforme en élément qui permet d'identifier le film que l'on regarde. En effet, dès les premières notes, même si l'on n'a jamais vu Indiana Jones, on sait que la musique provient de cette saga. Tout comme c'est le cas avec les bandes originales de Star Wars, Les Dents de la Mer, Harry Potter ...



Vous n'aurez peut être pas fait attention à ce détail, mais tout au long du film, j'ai constaté que Spielberg utilise à de nombreuses reprises le procédé de la synecdoque. Vous ne savez pas ce que c'est ? En fait, c'est un procédé qui permet de désigner quelqu'un sans le montrer. C'est le cas dans ce film. En effet, lors de certaines scènes, on nous suggère la présence d'Indiana Jones, sans le montrer lui-même. Par exemple, nous pouvons observer son ombre sur un mur, on distingue parfaitement sa silhouette et son chapeau. Ainsi, sans réellement le voir, on devine qu'il est présent.

Procédé de la synecdoque

Ce procédé est très présent, tout comme celui de la métonymie. C'est quasiment la même chose sauf que cette fois, c'est la présence d'un objet qui nous fait comprendre la présence d'un personnage. Prenons l'exemple du chapeau ou du fouet d'Indy, eh bien il est possible qu'un gros plan opéré sur l'un de ces objets suggère la présence du héros. 
Spielberg utilise aussi le procédé de la litote : il s'agit cette fois d'en dire peu pour en suggérer beaucoup. L'exemple même de ce procédé réside dans le troisième acte du film, lorsque les allemands ouvrent l'arche et que des rayons aveuglants se mettent à frapper (et tuer) les nazis. Durant cette séquence, nous ne voyons pas nécessairement les nazis mourir, nous voyons en revanche quelques giclées de sang, nous suggérant donc la mort sans pour autant nous la montrer.
L'utilisation de ces différents procédés sont très astucieux et montre la performance du réalisateur.



Il y a deux choses que je reproche au film : 
  • Les effets spéciaux qui ont mal vieillit
Bien sûr, il faut remettre le film dans son contexte et prendre cela en compte. Ca ne retire rien au film, c'est même ce qui fait son charme. Pourtant, dans une ère où nous sommes habitués à des FX à couper le souffle, il se peut que ceux de ce film nous fassent sortir de l'histoire.

  • Le rôle des allemands
Même si nous sommes situés à l'époque de la 2nde Guerre mondiale, les allemands (principalement les nazis) sont toujours représentés de la même façon. C'est peut-être le genre cinématographique qui veut cela, mais à mon sens, c'est un peu cliché et peu original. Je me répète certainement au fil de mes articles, mais je précise encore qu'il s'agit seulement de mon avis. Effectivement, je ne pense pas que tous les nazis étaient comme ceux que nous voyons dans cette oeuvre. 

Qu'importe, ces deux défauts sont assez mineurs et ne retirent en rien l'émerveillement que je porte envers cette franchise. Malgré tout, Les Aventuriers de l'arche perdue est fidèle aux codes des 80's et jongle très adroitement entre suspense et surprise.

Quoi qu'il en soit, cet opus est une franche réussite signée par le maître Spielberg. Pour moi, ce premier film est l'un des meilleurs, avec le troisième. Rendez-vous la semaine prochaine pour la rétrospective sur le deuxième volet : Indiana Jones et le Temple maudit.

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Alex

samedi 17 décembre 2016

RÉTROSPECTIVE - STAR WARS : LE RÉVEIL DE LA FORCE






Au son de cette douce et majestueuse mélodie, vous avez certainement compris qu’il sera aujourd’hui question d’un des films de la célèbre saga de Georges Lucas ! En effet, l’article que vous lisez est une rétrospective sur Star Wars : Le Réveil de la Force. 
*Mais, est-ce que tu es au courant que le film est sorti il y a un an ?* Evidemment que je le sais et c’est justement pour ça que je décide de revenir dessus maintenant.  Un an (et un jour) après  la sortie du septième épisode de la Guerres des Etoiles, il est temps de faire le bilan. 
Que vaut ce film ? Attention, cet article contient des SPOILERS sur l’Episode VII, à vos risques et périls si vous souhaitez le lire et que vous n’avez toujours pas vu le film !!!
Il ne s’agit pas d’une réelle critique en soi, mais plutôt d’un bilan. Mon objectif étant d’expliquer pourquoi ce film a séduit mais aussi, pourquoi a-t-il déçu ?
Je tiens à préciser que je ne vais pas revenir sur le film en détail, ni sur son histoire et encore moins sur l’histoire de la saga. En revanche, pour ceux qui n’ont pas l’ordre des films dans la tête, voici une rapide chronologie :

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Un Nouvel Espoir (La Guerre des Etoiles), l'Empire Contre-Attaque et Le Retour du Jedi composent la trilogie originale sortie entre 1977 et 1983. La Menace Fantôme, l'Attaque des Clones et La Revanche des Sith composent la prélogie (trilogie se déroulant avant la première trilogie, d'où le contraction entre le "pré" de "première" et "logie" de "trilogie") sortie entre 2000 et 2005.
Les épisodes VII (déjà sorti), VIII et IX suivent l'histoire de la trilogie originale. 😉

Première partie : Pourquoi ce film a séduit ?


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Crédit : www.lefigaro.fr
On va quand même commencer par les points positifs, histoire d’y aller en douceur ! Avant toute chose, j’aimerais dire que j’ai vraiment apprécié ce Star Wars. Ce fut assez prématuré de ma part de le qualifier d’un des meilleurs de la saga galactique après l’avoir visionné (Dieu merci, Ciné-News n’existait pas encore), je souhaite donc revenir sur mes propos. Je pense que c'est l’émotion de revoir les personnages iconiques que sont Han Solo, la Princesse Leia ou encore Luke Skywalker (même si nous l’apercevons que quelques secondes, une minute tout au plus) qui m’a fait dire ceci. Je plaide l’émotivité. Depuis sa sortie, un an s’est écoulé. Qu’est-ce que j’en pense aujourd’hui ? Alors, ce ni le meilleur ni l’un des meilleurs Star Wars qui soit sorti. Je réserve cette place à l’Empire Contre-Attaque et à La Revanche des Sith. Par contre, et j’insiste bien là-dessus, ce long-métrage produit par Walt Disney Studios reste néanmoins un bon Star Wars.
Crédit : dvdclassik.com
Si ce film a pu séduire, c’est bien parce qu’il marque la retrouvaille avec le casting initial ainsi qu’avec la trilogie originale, que les aficionados peuvent considérer comme étant la SEULE trilogie qui existe (la prélogie n’a pas été très bien reçue, pour diverses raisons). Il serait hypocrite de refuser de reconnaître que J.J Abrams essaie au mieux de renouer avec son amour pour la saga tout en essayant de séduire à nouveau les amateurs qui avaient vivement apprécié les épisodes IV, V et VI. C’est également pour cela que le film a pu décevoir, mais je reviendrai dessus plus tard.

Ce Réveil de la Force nous apporte un renouveau avec des personnages novateurs mêlés aux anciens, obligés de participer à cette nouvelle « guerre » de leur plein-gré (c’est le cas de Solo par exemple). D’autre part, le méchant n’est pas une pâle copie de Anakin Skywalker/Dark Vador, bien qu’il soit lié à ce dernier puisqu’il s’agit de son petit-fils (Kylo Ren étant le fils de Leia et Han). Ce nouveau « sith » est encore en phase d’apprentissage et veut à tout prix être à la hauteur de son grand-père.
Il faut souligner une grande nouveauté dans les personnages : un Stormtrooper qui refuse de tuer et qui déserte le Premier Ordre (un Empire n°2 en fait). C’est incontestablement un élément qui a beaucoup plu dans la mesure où cela changeait des personnages gentils, tous liés soit au Skywalker, soit à la Rébellion. Ce personnage-ci, Finn, ainsi que son amie Rey vivant sur Jakku, ne sont (à priori) pas liés à ce que je viens de citer précédemment. 

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Crédit : melty.fr
Je félicite également les gros risques qui ont été pris, comme le fait d’avoir tué Han Solo. Je ne suis pas convaincu que cela fasse parti des éléments susceptibles d’avoir conquis les spectateurs, mais pour ma part, c’était risqué d’agir ainsi et je félicite donc le studio d’avoir changé la donne.
En parlant de Rey, le mystère sur ses origines intrigue beaucoup et c’est un élément scénaristique assez bien trouvé puisque cela nous donne envie de visionner les prochains films de cette troisième trilogie afin d’en découvrir davantage. En somme, c'est un fil conducteur qui n'est pas inintéressant. D’ailleurs, mettre en avant une femme Jedi, c’est quelque chose d’assez surprenant et qui mérite d’être exploité parce qu’il s’agit d’une première dans cette franchise.
Mais finalement, à mon humble avis, c’est surtout la nostalgie de la trilogie débutée en 1977 qui a séduit, avec un retour aux sources. Quand on est critique, y compris amateur comme moi, il faut savoir être objectif lorsque l’on a apprécié un film. Du coup, ce que je peux dire c’est que la déception des cinéphiles (ou simples novices) face aux épisodes I, II et III sortis entre 2000 et 2005 a beaucoup joué sur le succès commercial de ce nouvel épisode.

Deuxième partie : Pourquoi le film a déçu ?


Ceci m’amène donc à la deuxième partie de cet article, qui me paraît être la plus importante. Si cette production cinématographique a pu décevoir c’est parce qu’il y a un cruel manque d’originalité derrière toute la nouveauté apportée. Ce qui est flagrant déjà, c’est que le schéma scénaristique est le même que celui d' Un Nouvel Espoir : Rey vit sur une planète déserte, sans famille = Luke dans l’Episode IV (même s’il vit avec son oncle et sa tante), R2 cache les plans de l’Etoile de la Mort = BB-8 cache une carte pouvant conduire au lieu où se cache Luke … Ces deux exemples sont suffisamment significatifs de la corrélation entre ces deux films à mon avis. En parlant de similitudes, la base Starkiller est tout bonnement une Etoile de la Mort plus grosse. Il n’y a donc pas grand-chose d’original là-dedans.
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Crédit : legeekcestchic.eu


Crédit : lestoilesheroiques.fr
Autre chose qui a été reproché aussi : ce film ne fait absolument aucunes références à la prélogie ce qui est, injuste d’une part, et incohérente, d’autre part. Je peux comprendre que la prélogie ai pu décevoir, moi-même j’ai du mal avec les deux premiers épisodes (même si je les apprécie à leur juste valeur). Pourtant, que nous l’apprécions ou non, cette prélogie existe et doit être inclue à l’univers. On ne peut pas l’ignorer, c’est incohérent. Extrêmement de références sont faites à l’égard de la première trilogie, mais rien à se mettre sous la dent concernant l’histoire et l’évolution de Anakin Skywalker. J’ai eu l’impression que la doctrine de ce septième opus était de dire  : « regardez, on continue la saga avec les vrais personnages, qui suit la vraie histoire parce que la prélogie est nulle, on sait que vous ne l’avez pas aimé donc on va faire comme si elle n’existait pas ». C’est un peu grossier dit comme ça, je suis d’accord, mais on ne va pas se mentir, c’est le message plus ou moins véhiculé par cette superproduction. C’est un peu comme ce que j’avais dit quand j’avais parlé de la franchise X-MEN dans un article précédent, ce n’est pas parce qu’on n'a pas apprécié certains films qu’on doit les zapper ou faire comme s’ils n’avaient jamais existé.

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Crédit : starwars-universe.com
Le gros point positif de la prélogie était qu’il y avait une omniprésence de la géopolitique, logique en même temps puisque l’Empire n’existait pas encore. Dans l’Episode VI, avec la dissolution de l’Empire Galactique, la République se remet en place. On entend une fois le mot « République » dans ce film d’ailleurs, mais à part cette simple mention, on n’apprend rien de plus sur elle. La Rébellion reste au cœur de l’intrigue, et ce n’est pas nécessairement une bonne chose puisque nous avons la fâcheuse impression que rien n’à évoluer depuis la fin du Retour du Jedi alors qu’on se doute bien que le Premier Ordre ne s’est pas mis en place immédiatement. A force de vouloir renier la prélogie, l’équipe du film vient à en oublier ce qui fait sa force : la politique. Cet aspect était sans aucun doute l’un des mieux traités dans les épisodes I, II et III. Ils auraient davantage dû en prendre de la graine pour ce film-ci. Au-delà de cela, ce qu'il manque à ce septième film c'est un contexte : il y a une Nouvelle République, ok, quels sont ces pouvoirs ? Pourquoi existe-t-il toujours une Résistance tentant de combattre le Premier Ordre si une Nouvelle République existe ? Comment s'est mis en place le Premier Ordre ?

L'Episode IV avait le mérite de nous présenter un contexte, rapide certes, mais présent. Un contexte est nécessaire, sinon nous ne nous sentons concerné en rien. Par exemple, quand le Premier Ordre détruit le système de la Nouvelle République, que voulez-vous qu'on ressentent ? On ne sait rien sur elle, donc on s'en fou un peu finalement. D'ailleurs, si Finn ne nous avait pas précisé qu'il s'agissait de la Nouvelle République, nous ne l'aurions pas su. Le scénario possède de gros trous et nous laissent pleins de questions. La trilogie se complétait, c'est vrai, mais chaque film se suffisait à lui-même. Nous n'avions pas besoin d'attendre le film suivant pour comprendre un élément de l'opus précédent. Ici, nous sommes obligés de patienter pour avoir des réponses sur ce Réveil de la Force.



Disney a revendiqué vouloir revenir à la trilogie originale, l'essence même de la franchise, ce qui est paradoxale puisque le film est construit de la même manière que les blockbusters actuels : ne pas tout révéler dans le premier film pour inciter les gens à voir les suivants. Je suis d'accord que certains éléments restent secrets comme l'identité de Rey, il s'agit du fil conducteur de cette nouvelle trilogie. Mais pour les gros trous scénaristiques (encore une fois j'ai beaucoup adoré ce septième épisode malgré tout) que j'ai cité, ils laissent une superficialité à l'histoire. Disney compte sur nous pour aller voir les prochains car des éléments non expliqués ici seront élucidés dans les suivants (notamment sur le contexte, la reconstitution de la Rébellion etc). Cela m'énerve parce que dans chaque Star Wars, même s'ils étaient pensés dans un ensemble, chaque film se suffisait à lui-même : introduction, déroulement de l'histoire, conclusion. C'est, pour moi, ce qui faisait le charme d'un Star Wars. Ici, on va voir le 7 pour avoir un aperçu du 8... Ce que fait déjà Disney avec Marvel. Ces nouveaux films ne sont plus considérés comme une nouvelle trilogie mais comme un produit marketing à livrer. Disney veut faire comme avec les Marvel : créer une grande saga (épisodes de la nouvelle trilogie + les spin-off) nous obligeant à voir le film suivant pour comprendre le précédent. Encore une fois, j'adore le "MCU", j'en suis fan mais chaque film semble être une "bande annonce géante" pour le film suivant et j'ai l'impression que Disney veut en faire de même avec cette franchise.

Au final, les nouveautés apportées ne sont que superficielles et essaient de cacher les grosses lacunes scénaristiques. Le scénario se concentre beaucoup trop sur la nostalgie, quitte à offrir un schéma similaire au quatrième film ainsi que des personnages très ressemblants à ceux que nous connaissons déjà. Ce Star Wars Episode VII : Le Réveil de la Force préfère ne prendre que trop peu de risques afin de séduire une seconde fois le public qui ne parvenait pas à retrouver l’esprit Star Wars dans la prélogie. J'espère que le huitième et le neuvième opus s’écarteront de ce qui a été déjà été fait jusqu’ici parce qu'à ce rythme-là, si tout est copié sur la trilogie originale on sait d'avance que Snoke sera tué par Kylo Ren comme l'Empereur tué par Vador (Ren reviendrait donc du bon côté de la Force). Je me doute que la trilogie s'achèvera sur un ton positif mais j'espère quelque chose de bien différent. Sinon, Disney ne sera pas seulement revenu aux origines : ils nous auront refait un remake de la trilogie originale ... qui ne pourra jamais être égalée bien entendu.


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Crédit : the-temple-of-whiskers.over-blog.com
L’ironie de cette saga quand même, c’est que la plupart des gens ont crachés sur la prélogie mais vénèrent ce nouveau film alors que la prélogie, elle au moins, proposait d’énormes nouveautés et s’éloignait totalement des épisodes déjà sortis. Je trouve ça assez hypocrite et vraiment étrange d’encenser un film, quasiment pareil que celui sorti en 77 mais de critiquer et renier trois films, bien différents de la trilogie originale. Le pire, c’est que ceux qui critiquent Star Wars VII sur le manque cruel de nouveauté, sont souvent les mêmes qui ne veulent pas entendre parler de La Menace Fantôme, L’Attaque des Clones et de La Revanche des Sith.

Pour finir, je dirai que malgré que le film soit plutôt très bon visuellement et divertissant, le scénario est creux et le retour aux sources ainsi que les nouveautés ne s'opèrent en réalité qu'en surface.
Que la Force soit avec vous ! 

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Alex